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L’OTAN se prépare-t-il à un retrait des troupes américaines d’Europe après l’élection de Trump ?

Après l’élection inattendue de Donald Trump, qui a fortement remis en cause l’engagement de Washington au sein de l’OTAN durant sa campagne, l’Alliance se préparerait à l’éventualité d’un retrait des troupes américaines du Vieux continent.

Selon le magazine d’actualité allemand Der Spiegel, les stratèges de l’OTAN ont esquissé un rapport secret incluant le pire des scénarios possibles pour l’Alliance atlantique, selon lequel le nouveau président élu des Etats-Unis Donald Trump mettrait sa menace à exécution et ordonnerait aux troupes américaines de se retirer d’Europe.

«Pour la première fois, la sortie des Etats-Unis de l’OTAN est devenue une menace» qui pourrait mettre à mal l’existence-même du bloc, a déclaré un officier allemand de l’Alliance au magazine, sous couvert d’anonymat.

«Nous sommes face à un moment de la plus haute et inédite incertitude pour les relations transatlantiques», a pour sa part commenté Wolfgang Ischinger, ancien ambassadeur allemand à Washington et dirigeant de la Conférence internationale de sécurité de Munich.

Au cours de la campagne qui a précédé son élection, Donald Trump a plusieurs fois suggéré que s’il était élu, les Etats-Unis pourraient refuser de venir à la rescousse de leurs alliés de l’OTAN, sauf si ceux-ci «payaient la note» et «respectaient leurs obligations envers» Washington. Il avait par ailleurs qualifié l’Alliance d’«obsolète».  

Cette promesse avait fait réagir le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, qui avait vivement critiqué le programme du républicain américain, en déclarant : «Tous les alliés ont fait la promesse solennelle de se défendre l’un l’autre. C’est quelque chose d’absolument non-négociable.»

A l’annonce des résultats du scrutin du 8 novembre, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, guère plus rassuré, a indiqué : «Les Etats-Unis n’assureront pas la sécurité des Européens sur le long terme […] Nous devons le faire nous-mêmes.»

Craignant que le nouveau président élu des Etats-Unis ne s’y présente pas après son entrée en fonction, l’OTAN a repoussé la date de son prochain sommet, qui devait avoir lieu début 2017 à Bruxelles. Celui-ci aura finalement lieu l’été prochain.

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