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Funérailles de Shimon Peres : entre hommages des politiques et polémiques sur internet

Les obsèques de Shimon Peres ont constitué un hommage à la stature de l'un des pères fondateurs de l'Etat d'Israël. Des chefs d'Etat du monde entier ont assisté à la cérémonie, créant pour certains des polémiques commentées sur les réseaux sociaux.

François Hollande, Barack Obama et des dizaines de dirigeants du monde entier s'étaient rendus à Jérusalem, le 30 septembre, pour rendre un ultime hommage à l'ancien président israélien Shimon Peres, conservant l'espoir que ses rêves de paix avec les Palestiniens ne soient pas enterrés avec lui.

Abbas et Netanyahou se serrent la main

Les obsèques d'une figure historique de l'Etat hébreu étaient aussi une occasion de rapprocher le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui se sont longuement serré la main. Mais cette image, qui a fait le tour des médias, a fortement déplu à certains activistes pro-palestiniens.

Ali Abunimah, militant et fondateur d'un site d'information pro-palestinien très suivi sur Twitter, s'insurgeait, lui, de voir Mahmoud Abbas se lever au passage du défilé entourant le cercueil alors que «les mêmes "forces de défense" israéliennes poursuivent leurs crimes contre "son" peuple».

Hollande et Sarkozy sont venus dans le même avion

«La paix n'est pas perdue dès lors qu'on se bat pour elle», a déclaré le président français, alors que la France tente depuis quelques mois de sortir le processus de paix israélo-palestinien de l'impasse.«Grand ami de la France», Shimon Peres, «s'adressait à elle parce qu'il savait quel rôle elle pouvait jouer et [...] peut encore jouer aujourd'hui pour la paix», a poursuivi François Hollande.

«C'est pour ça qu'il était si important que je sois là, comme président de la République, mais que d'autres soient là aussi», a-t-il encore souligné. Ainsi, a-t-il poursuivi, «J'ai considéré que [...] l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, dès lors qu'il voulait venir ici pour cette cérémonie, devait avoir toute sa place, et notamment dans l'avion».

Obama compare Peres à Mandela, Bill Clinton parle d'un homme «exagérément optimiste»

Dans son éloge funèbre, Barack Obama a salué l'homme qui avait travaillé avec neuf présidents américains avant lui et qui lui rappelait «d'autres géants du XXe siècle que j'ai eu l'honneur de rencontrer». «Des hommes comme Nelson Mandela, des femmes comme sa majesté la reine Elizabeth», des personnalités dont l'existence couvre de telles périodes qu'il parlent «avec profondeur et connaissance, et pas en petites phrases», a souligné le président américain.

La comparaison n'a néanmoins pas été du goût de tout le monde, certains pointant notamment l'activisme pro-palestinien de Nelson Mandela et le passé de Shimon Peres, qui avait soutenu le régime d'apartheid sud-africain, notamment en lui proposant des armes nucléaires et en concluant un accord militaire secret entre les deux pays.

«Ses détracteurs lui ont souvent reproché d'être un rêveur naïf et exagérément optimiste», a dit l'ancien président américain Bill Clinton, qui avait présidé en 1993 à la poignée de mains historique des ennemis israéliens et palestinien.

«Ils avaient tort seulement en ce qui concerne la naïveté. Il savait exactement ce qu'il faisait en étant exagérément optimiste», a ajouté, ému, celui qui, 21 ans plus tôt, avait assisté au même endroit à l'enterrement d'un autre ami, Yitzhak Rabin.

Une cérémonie sous haute surveillance

Avec la concentration de toutes ces personnalités à Jérusalem, la police israélienne, pourtant rompue aux menaces sécuritaires, était sur les dents.

Israël n'avait pas connu de tel événement depuis les funérailles de son Premier ministre Yitzhak Rabin, en 1995, qui avait été récompensé en même temps que Shimon Peres et le dirigeant palestinien Yasser Arafat du prix Nobel de la paix en 1994.

La police parle d'une opération sans précédent. Huit mille policiers avaient été mobilisés. La sécurité intérieure chargée de la protection des personnalités a dit avoir déployé des centaines d'agents. La police a pour sa part reconnu avoir procédé le 29 septembre à des arrestations préventives, y compris parmi les juifs.

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