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11-Septembre : veto d'Obama à une loi autorisant des poursuites contre Riyad

Le président américain Barack Obama a opposé son veto à une loi autorisant les proches des victimes du 11-Septembre à poursuivre l'Arabie saoudite, a indiqué la Maison Blanche.

Obama estime que cette loi affaiblirait le principe d'immunité qui protège les Etats (et leurs diplomates) de poursuites judiciaires et risque, par un effet boomerang, d'exposer les Etats-Unis à des poursuites devant divers tribunaux à travers le monde.

«Je comprends le désir de justice des familles [des victimes] et je suis déterminé à les aider dans cet effort», explique le président américain dans un courrier adressé au Sénat.

Cependant, ajoute-t-il, signer cette loi «aurait un impact néfaste sur la sécurité nationale des Etats-Unis».

En signant ce veto, Barack Obama engage un bras de fer périlleux avec le Congrès qui pourrait lui infliger un cinglant camouflet à quelques mois de son départ du pouvoir.

Si les deux tiers des élus se rassemblent derrière le texte, ils pourront en effet surmonter le véto présidentiel et la loi entrera en vigueur.

L'exécutif américain est à la manœuvre sur Capitol Hill, en particulier auprès des représentants démocrates, pour s'assurer que le cap fatidique ne soit pas atteint. Et dénonce les petits calculs politiques des élus qui expriment «en privé» des réserves mais votent pour le texte, les yeux rivées sur les élections du 8 novembre (scrutin présidentiel mais aussi renouvellement d'une partie du Congrès).

Chuck Schumer, sénateur démocrate de New York où la loi a évidemment une résonance particulière, a immédiatement regretté une décision «décevante», prédisant qu'elle serait rapidement rejetée par le Congrès.

«Si les Saoudiens n'ont rien fait de mal, ils ne devraient pas craindre cette loi. S'ils sont coupables dans les attentats du 11 septembre, ils devraient rendre des comptes», a-t-il estimé.

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«Les familles des victimes méritent que la justice passe et la justice pour ces familles ne devrait pas être jetée aux orties pour des raisons diplomatiques», a-t-il poursuivi.

Le texte, baptisé «Justice Against Sponsors of Terrorism Act» («Justice contre les sponsors d'actes de terrorisme»), a suscité une levée des boucliers chez les monarchies du Golfe qui ont mis en garde contre «un grave précédent».

Ces dernières entretiennent des relations déjà tendues avec l'administration Obama à qui elles reprochent, entre autres, d'avoir réintégré l'Iran, grand rival chiite, dans le jeu diplomatique.

Quinze des 19 auteurs des attentats du 11-Septembre étaient des Saoudiens mais l'implication de l'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis, n'a jamais été démontrée.