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Face à la crise pétrolière, Abdelaziz Bouteflika remanie son gouvernement

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a nommé samedi 11 juin deux nouveaux ministres de l'Energie et des Finances lors d'un remaniement du gouvernement de Abdelmalek Sellal et un nouveau «représentant personnel».

La présidence algérienne a décidé de procéder à ces nominations alors que l'Algérie est en pleine crise financière due à la baisse des revenus pétroliers. Le patron de la puissante Société publique de l’Électricité et du Gaz (Sonelgaz), Noureddine Boutarfa, a été désigné à la tête du secteur vital de l'Energie. Cet ingénieur qui dirige Sonelgaz depuis plus de 10 ans succède à Salah Khebri en poste depuis seulement un an.

Aux Finances, Haji BabaAmmi, ministre délégué au Budget, est promu et succède à Abderahmane Benkhalfa, un ancien banquier nommé l'année dernière au sein de l'Exécutif. L'islamiste Amar Ghoul qui a enchaîné les postes ministériels depuis l'élection de Bouteflika en 1999 quitte pour la première fois le gouvernement. Il sera remplacé à la tête du Tourisme par son collègue de l'Hydraulique Abdelwahab Nouri. Ce dernier est remplacé à son tour par Abdelkader Ouali qui quitte les Travaux Publics.

Boualem Bessaïeh, «représentant personnel» : une nomination polémique ?

Parmi les quatre autres personnalités qui intègrent le gouvernement, la nomination de Boualem Bessaïeh, au poste de ministre d'Etat et de «représentant personnel» du président Bouteflika est celle qui provoque le plus de réactions.

Âgé de 86 ans, cet ancien ministre des Affaires étrangères de 1988 à 1991 qui était précédemment président du Conseil constitutionnel de 2005 à 2012 est réputé très proche d'Abdelaziz Bouteflika.

Le chef de l'Etat l'avait d'ailleurs chargé de valider la révision de la Constitution de 2008 qui lui avait permis de lever la limitation du nombre de mandats.

Les recettes en provenance du secteur énergétique ont chuté de 50% en 2015

Il s'agit du troisième remaniement effectué par Abdelaziz Bouteflika depuis sa réélection pour un 4e quinquennat en 2014. Il intervient alors que le pays est traversé par des divergences au sujet des mesures à adopter afin de relancer l'économie, touché de plein fouet par les chutes des cours du pétrole. L'Algérie a déjà relevé les prix de l'électricité et des carburants, réduit les projets d'infrastructures et les dépenses budgétaires.

Le pétrole et le gaz représente près de 60% du budget de l'Etat et près de 95% des exportations de l'Algérie. Les recettes en provenance du secteur énergétique ont chuté de 50% en 2015.

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