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Le bras de fer entre la Turquie et l'Union Européenne se poursuit sur le régime d'exemption de visa

Le président turc a refusé de mettre les lois antiterroristes du pays au niveau des critères européens, affirmant que les leçons données par l’UE sont une «comédie noire», car l’Europe servirait d’abri à l’aile politique de groupes terroristes.

«Les pays européens continuent d’être des refuges pour la partie politique de groupes terroristes. Lorsque cela est le cas, c’est une comédie noire que l’Union Européenne critique la définition de terrorisme dans notre pays», a déclaré mardi Recep Tayyip Erdogan.

La Turquie continue à exercer des pressions sur l’UE concernant la crise migratoire, le pays souhaitant rejoindre l’Union. En attendant, Ankara a poursuivi ses efforts visant à obtenir le droit de circuler sur le continent sans visa. La semaine dernière, Bruxelles a demandé à la Turquie de modifier ses lois sur le terrorisme afin de les mettre au niveau des critères européens, ce que Recep Tayyip Erdogan refuse.

Lors de son discours de mardi, le président Erdogan a répété que c’est l’Europe qui devrait modifier ses lois. «Tout d’abord, nous attendons que les pays de l’UE s’occupent de leurs lois soutenant le terrorisme», a déclaré le président turc, appelant l’Union à expliquer en premier lieu pourquoi des activistes du PKK ont pu installer des tentes en face du parlement européen en mars.

Sans réforme, «il n'y aura pas d'exemption de visa» pour les Turcs

Le ministre de l’Intérieur allemand Thomas de Maizière a déclaré lors d’un meeting à Berlin que le président turc ne semblait «pas prêt à remplir les critères», ajoutant que si les 72 conditions de l’Union européenne n’était pas satisfaites, «alors il n’y aurait pas de régime d’exemption de visa».

Les lois en vigueur en Turquie permettent d’accuser de terrorisme les journalistes et les universitaires critiques. Erdogan a souligné que même sans la réforme des visas, son pays restera sur la même ligne. «Il n’y a pas de quoi en faire un drame» a-t-il déclaré, ajoutant que la Turquie devait «rester droite» et ne pas «se coucher».

Le président turc est aussi revenu longuement sur le fait que son pays s’engageait fortement à résorber la crise migratoire. Selon ses déclarations, la Turquie aurait dépensé 10 milliards de dollars, alors que l’accord avec l’Union Européenne devrait s’élever à 6,8 milliards de dollars.