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Suisse : les deux ados qui refusent de serrer la main de leur enseignante l'ont appris sur Internet

Les deux écoliers de l'école de Therwil qui ont refusé de serrer la main de leur enseignante ont indiqué avoir appris cette «règle» en regardant un prêche sur Internet. L'un d'eux a diffusé une vidéo de l'EI soi-disant pour sa musique.

Les deux frères de 14 et 16 ans ont accordé une interview au Matin Dimanche et à Sonntags Zeitung dans laquelle ils ont tenté de justifier leur acte qui a fait polémique en Suisse. «J'ai appris cette règle en regardant un prêche sur Internet. Mon père me l'a ensuite confirmée», a déclaré le plus âgé.

«Nous sommes radicaux parce que nous suivons les préceptes de l'islam ? C'est notre devoir», a-t-il poursuivi, indiquant ne pas connaître la signification des termes «radical» et «fondamentaliste».

Concernant la diffusion d'une vidéo de l'Etat islamique par le plus jeune des deux frères sur son compte Facebook, il a déclaré ne pas savoir «ce qu'était l'EI». «Pour moi, il ne s'agissait que de musique. Elle me plaisait», a-t-il ajouté, avant que son frère précise : «Mon frère et moi sommes clairement opposés à l'EI. L'islam interdit de tuer des civils».

Ce «refus ne peut pas être accepté au nom de la liberté de croyance»

Après leur refus, la directrice de l'Instruction publique du canton de Bâle-Campagne, Monica Gschwind, avait décidé de dispenser les deux adolescents de serrer la main de leur enseignante, «une solution pragmatique» et temporaire en vue d'assurer un bon fonctionnement de l'enseignement, avait-elle déclaré.

La ministre suisse de la Justice et de la Police, Simonetta Sommaruga, s'était alors insurgée contre cette décision. «Ca ne va pas du tout lorsqu'un enfant ne serre pas la main d'un enseignant», a déclaré Simonetta Sommaruga, le 4 avril, à la télévision alémanique. «La poignée de main fait partie de notre culture et le refus des deux élèves ne peut pas être accepté au nom de la liberté de croyance», avait-elle ajouté.

La Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS) avait indiqué le 4 avril qu'une poignée de mains entre un homme et une femme était «théologiquement permise».

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