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Libye : les autorités non reconnues demandent le départ du gouvernement, soutenu par l'ONU

Alors que l’Occident salue l’arrivée du chef du gouvernement d'union nationale Fayez al-Sarraj à Tripoli, les autorités non reconnues siégeant dans la capitale l’ont sommé de quitter la ville ou de «se rendre».

Le chef du gouvernement libyen d'union nationale, parrainé par l'ONU, Fayez al-Sarraj, est arrivé le mercredi 30 mars à Tripoli, accompagné de plusieurs membres du conseil présidentiel, malgré l'hostilité déclarée de la coalition de milices qui contrôle la capitale.

«C'est aujourd'hui, depuis Tripoli, capitale de tous les Libyens, que nous allons travailler», a déclaré l'un des vice-présidents du conseil présidentiel Ahmed Meitig sur sa page Facebook.

L'arrivée de Fayez al-Sarra a été saluée par l'Union européenne, qui y voit une «opportunité unique de se rassembler et de se réconcilier», et par l'ONU, qui a estimé que cela marquait «une étape importante dans la transition démocratique en Libye».

A son tour, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a salué cette «décision courageuse». «C'est une étape importante, on sait que beaucoup d'obstacles sont mis sur le chemin de ce gouvernement», a-t-il déclaré, en ajoutant que «l’Union européenne a décidé d'adopter des sanctions à l’encontre de ceux qui s’emploient à retarder la prise de fonction de ce gouvernement et menacent ainsi l’unité, la sécurité et la stabilité de la Libye et de ses voisins».

Cependant, les autorités non reconnues à Tripoli demandent le départ de Fayez al-Sarraj. Dans une allocution télévisée, leur chef Khalifa el-Ghwell, a qualifié d’«illégal» le gouvernement de Sarraj et affirmé qu'il doit «quitter» la capitale libyenne ou «se rendre».

Le gouvernement d'union nationale a été créé en vertu d'un accord signé en décembre 2015 au Maroc et parrainé par l'ONU. Il est censé mettre fin au conflit qui oppose deux «gouvernements» rivaux siégeant l'un à Tripoli et l'autre à Tobrouk, dans l'Est du pays.

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