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Contrôles à la frontière franco-belge : Cazeneuve s'étonne de la décision «étrange» de la Belgique

Ce mardi, la Belgique a annoncé le rétablissement temporaire de contrôles à sa frontière avec la France, pour faire face à un éventuel afflux de migrants quittant la «Jungle» de Calais. Du côté français, on a du mal à comprendre cette décision.

Le ministre de l'Intérieur juge «étrange» la décision de nos voisins belges, à son arrivée à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues il a déclaré aux journalistes : «Cette décision est pour nous étrange et ses motivations le sont tout autant.» 

Avant lui, le maire de bordeaux Alain Juppé a ironisé sur le rétablissement des contrôles à la frontière franco-belge. Lors d'un déplacement, le candidat à la primaire des Républicains s'est amusé : «Contrôler la frontière entre la France et la Belgique, je souhaite bien du courage à ceux qui se sont mis cette idée en tête, je crois qu'il y a 1 500 points de passage, et parfois la frontière c'est la rue du village.»

Mesure dérogatoire aux règles de l'espace de libre circulation Schengen, ce rétablissement des contrôles a été décidé mardi par le gouvernement belge, afin d'éviter un éventuel afflux de migrants qui se replieraient de Calais vers des ports belges pour tenter le passage en Grande-Bretagne.

Selon les médias belges, 80 personnes auraient été interpellées à la frontière franco-belge en 24 heures. 

La crise migratoire a conduit à ce jour sept pays membres de l'espace Schengen à rétablir des contrôles provisoires à leurs frontières. Comme le reste de l’Europe, la Belgique est, elle aussi, frappée par une importante crise migratoire. Au cours des dix dernières années, le plat pays a accueilli environ 17 000 demandeurs d’asile par année. En 2015, près de 30 000 personnes ont obtenu le droit d’asile. Au total, 50 000 demandes d’asile ont été déposées dans un pays qui compte six fois moins d’habitants que la France. Les autorités belges affirment lutter pour faire face à cet afflux de migrants, dont un très grand nombre sont attirés par le généreux système de protection sociale.