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États-Unis-Canada : la guerre commerciale franchit un nouveau cap

Le Canada applique depuis le 8 septembre des droits de douane sur 27,6 milliards de dollars canadiens de produits américains. Washington répond par de nouvelles interdictions d’importation et menace l’accès des entreprises canadiennes aux marchés publics. Ottawa refuse de céder et cherche à réduire sa dépendance envers l’économie américaine.

La confrontation commerciale entre Washington et Ottawa s’intensifie. Depuis le 8 septembre, le Canada applique de nouveaux droits de douane de 15 à 50 % sur 27,6 milliards de dollars canadiens de produits américains, soit environ 20 milliards de dollars américains. Acier, aluminium, produits laitiers, électroménager, matériel agricole ou électronique sont notamment concernés. Ottawa entend répondre « dollar pour dollar » aux tarifs imposés en août par les États-Unis.

Donald Trump a immédiatement riposté. À compter du 29 septembre, Washington interdira l’importation de plusieurs produits canadiens, notamment certains produits laitiers, la majorité des boissons alcoolisées et des motos. Le président américain a également ordonné que les produits d’origine canadienne soient progressivement exclus de certains marchés publics fédéraux, accusant Ottawa de discriminer les entreprises américaines.

Rien ne va plus entre les deux voisins

La pression s’est aussi portée sur Bombardier. Donald Trump a appelé à boycotter l’avionneur canadien et a menacé de restreindre son accès au marché américain, alors même que l’entreprise possède des activités importantes aux États-Unis. Cette escalade s'inscrit après l’échec des négociations commerciales en août et alimente désormais les interrogations sur l’avenir de l’accord de libre-échange nord-américain.

Ottawa refuse toutefois de céder. Le ministre chargé du Commerce avec les États-Unis, Dominic LeBlanc, a qualifié les nouvelles mesures américaines d’« injustifiées » et assuré que la priorité resterait la protection des travailleurs et entreprises canadiennes. Il a affirmé néanmoins rester en contact avec Washington et se dit prêt à reprendre des discussions à condition qu’elles respectent pleinement la souveraineté canadienne.

Mark Carney défend parallèlement une stratégie de réduction de la dépendance économique canadienne vis-à-vis des États-Unis, en renforçant notamment les échanges avec l’Europe. Une rupture progressive avec un voisin qui absorbe historiquement l’essentiel des exportations canadiennes.