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Iran : les démocrates accusent Trump d’avoir enlisé l’Amérique dans une guerre sans issue

Selon les démocrates, l'absence de stratégie de sortie transforme le conflit en Iran en gouffre financier et militaire pour Washington. Le parti compte en faire un argument central contre les républicains aux midterms de novembre. 55% des Américains s'opposent désormais au conflit, contre 37% qui le soutiennent.

Six mois après le déclenchement de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février, les démocrates américains durcissent le ton contre Donald Trump. Leur accusation est désormais autant stratégique qu’électorale : le président aurait entraîné les États-Unis dans une guerre longue, coûteuse et sans véritable stratégie de sortie, contrairement à ses promesses initiales.

Le président du Comité national démocrate (DNC), Ken Martin, reproche notamment à Donald Trump et à son vice-président JD Vance d’avoir promis une résolution rapide du conflit avant de changer progressivement de discours. Alors que Trump évoquait encore en mars une guerre qui devait bientôt prendre fin, il affirme désormais ne pas être pressé d’y mettre un terme.

Une guerre de moins en moins populaire

Pour les démocrates, le bilan constitue désormais un argument de campagne. Ils mettent en avant les pertes militaires américaines, les dizaines de milliards de dollars mobilisés pour soutenir l’effort de guerre et surtout les conséquences économiques ressenties par les ménages, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie.

Ken Martin accuse ainsi l’administration d’avoir consacré des milliards à une guerre que les Américains n’avaient pas demandée, alors que le coût de la vie reste une préoccupation majeure. Le DNC entend faire de cette contradiction un angle d’attaque contre les républicains lors des élections de mi-mandat de novembre.

Le contexte politique lui est favorable. Les sondages cités par Middle East Eye donnent environ 55 % des Américains opposés à la guerre, contre 37 % favorables. Reuters constate également une forte dégradation du soutien à Donald Trump, sur fond de guerre prolongée et de hausse des prix de l’énergie.

La critique démocrate n’est cependant pas exempte de contradictions. Une partie de l’establishment du parti avait soutenu une ligne dure envers Téhéran et s’était montrée hésitante lorsqu’il s’agissait de restreindre les pouvoirs de guerre de la Maison Blanche.

Mais à deux mois des élections de mi-mandat, le message du DNC est désormais clair : faire de la guerre en Iran et de son coût pour les Américains un boulet électoral pour Donald Trump et les républicains.