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Washington lie officiellement le Hezbollah à l'Iran

Washington a redésigné le Hezbollah en mettant explicitement en avant son lien avec la Force al-Qods iranienne. L’OFAC a parallèlement sanctionné dix personnes accusées d’avoir acheminé plusieurs centaines de millions de dollars au mouvement libanais.

Le Trésor américain a annoncé le 20 août la redésignation du Hezbollah au titre de ses liens avec la Force al-Qods, l'unité des Gardiens de la révolution islamique chargée des opérations extérieures. Déjà classé depuis 2001 comme « organisation terroriste mondiale spécialement désignée » (SDGT) et inscrit depuis 1997 sur la liste américaine des organisations terroristes étrangères, le mouvement reste soumis au même décret 13224.

La nouveauté tient au motif avancé par Washington : le Hezbollah est désormais clairement présenté comme « détenu, contrôlé ou dirigé » par la Force al-Qods, ou comme agissant pour son compte.

Un réseau établi en Turquie et aux Émirats ?

Le Trésor justifie cette décision par la coordination d'attaques du Hezbollah par la Force al-Qods et par l'implication de celle-ci dans les décisions politiques du mouvement. La mesure ne transforme donc pas juridiquement le Hezbollah en organisation iranienne, mais renforce le lien formel établi par les États-Unis entre le groupe libanais et l'appareil sécuritaire de Téhéran, dans un contexte de guerre ouverte avec l'Iran et de poursuite du conflit entre Israël et le Hezbollah.

L'Office of Foreign Assets Control (OFAC) a parallèlement sanctionné dix personnes accusées d'appartenir à un réseau de coursiers ayant transféré jusqu'à plusieurs centaines de millions de dollars au Hezbollah. Selon Washington, ce dispositif reposait sur la contrebande de pétrole, le commerce illicite, les bureaux de change et le transport clandestin d'espèces sur des vols commerciaux entre le Liban, la Turquie, les Émirats arabes unis et l'Iran.

Parmi les personnes visées figure l'homme d'affaires turc Yunus Alper Yilmaz, présenté comme le coordinateur du réseau. Les sanctions entraînent le gel des avoirs relevant de la juridiction américaine et interdisent, sauf exemption, les transactions avec des personnes relevant de la juridiction américaine. Certaines institutions financières étrangères pourraient également s'exposer à des sanctions secondaires.