La dette du gouvernement américain a dépassé pour la première fois 40 000 milliards de dollars, selon les données publiées le 19 août par le département du Trésor. Après une nouvelle émission obligataire, elle atteint désormais 40 047 milliards de dollars, progressant plus rapidement qu'anticipé.
Le Bureau du budget du Congrès (CBO) tablait jusqu'ici sur une dette d'environ 39 400 milliards de dollars à la fin de l'année. Cette accélération s'explique notamment par l'augmentation des dépenses de santé et de sécurité sociale, mais aussi par le poids croissant des intérêts versés par Washington à ses créanciers.
La situation est aggravée par la remontée des taux d'intérêt. Les tensions inflationnistes, alimentées notamment par la flambée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, ont fait bondir les coûts de financement américains. Mardi, le rendement des obligations du Trésor à 30 ans a ainsi atteint son plus haut niveau depuis 2007.
Un emprunt de plus en plus cher
Plus les taux augmentent, plus Washington doit consacrer d'argent au service de sa dette, alimentant à son tour les besoins d'emprunt. Pour tenter d'apaiser les marchés, le Trésor a annoncé une augmentation de ses rachats d'obligations à long terme à partir de septembre.
La dette américaine représente désormais près de 125 % du PIB, soit plus du double de son niveau d'avant la crise financière de 2008. Le déficit fédéral atteint parallèlement environ 6 % à 7 % du PIB, contre des niveaux de 3 % à 4 % autrefois jugés préoccupants.
« Il est bien connu que l'État fédéral a un rythme de déficit qui n'est pas soutenable », estime Jessica Riedl, spécialiste des questions budgétaires à la Brookings Institution. Cette trajectoire contribue selon elle à rendre les marchés financiers plus nerveux.
Donald Trump avait pourtant promis de réduire les dépenses fédérales, tandis que son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, s'était fixé pour objectif de ramener le déficit à 3 % du PIB. Celui-ci s'est au contraire creusé, notamment sous l'effet des baisses d'impôts, des remboursements de droits de douane et de l'augmentation des dépenses militaires liées au conflit avec l'Iran.
Si le franchissement de 40 000 milliards ne signifie pas qu'une crise financière est imminente, ce seuil symbolique remet en lumière une question cruciale : la capacité des États-Unis à maîtriser durablement leur dette dans un environnement où emprunter coûte de plus en plus cher.