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Mer Rouge : les Houthis envisagent de taxer le détroit de Bab el-Mandeb

Les Houthis envisagent d’imposer des taxes sur le trafic maritime passant par Bab el-Mandeb, un axe clé du commerce mondial. Cette menace intervient alors que les tensions augmentent avec l’Arabie saoudite et que la mer Rouge reste perturbée depuis 2023.

Les Houthis du Yémen pourraient franchir une nouvelle étape dans leur stratégie de pression en envisageant d’imposer des taxes sur les navires transitant par le détroit de Bab el-Mandeb, l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde. Selon Reuters, citant plusieurs sources régionales, le groupe soutenu par l’Iran étudie cette option, alors que les tensions s’intensifient avec l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Aucun calendrier n’a encore été fixé, mais cette mesure pourrait accentuer la pression sur l’administration Trump afin qu’elle mette fin à sa guerre contre l’Iran. Les Houthis auraient commencé à préparer ce projet après le retour de leurs représentants des funérailles du Guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le détroit de Bab el-Mandeb a gagné en importance depuis que le détroit d’Ormuz est bloqué aux navires alliés de Washington par l’Iran depuis mars, après le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre Téhéran. L’Arabie saoudite utilise désormais davantage cette voie maritime pour maintenir ses exportations énergétiques.

Les Houthis avaient déjà annoncé, le 20 juillet, un « embargo maritime » contre l’Arabie saoudite, sans préciser les moyens concrets pour l’appliquer. La semaine dernière, le mouvement avait frappé un pétrolier saoudien au large du port de Jizan, dans le sud du royaume.

Des pays en quête d'alternatives

Une éventuelle taxation du trafic maritime renforcerait l’inquiétude des acteurs internationaux, alors que la mer Rouge n’a toujours pas retrouvé son niveau de circulation d’avant novembre 2023, date du début des attaques houthis contre des navires liés à Israël en soutien aux Palestiniens de Gaza. Des diplomates occidentaux cités par Reuters estiment que les forces internationales, déjà fortement mobilisées, ne disposent pas des moyens nécessaires pour sécuriser durablement l’ensemble du corridor maritime.

Face aux risques liés aux détroits stratégiques, plusieurs pays cherchent désormais à réduire leur dépendance à Bab el-Mandeb et surtout à Ormuz. Les Émirats arabes unis développent un nouvel oléoduc vers le port de Fujairah afin d’augmenter leurs capacités d’exportation hors du golfe Persique. L’Irak travaille à la réhabilitation d’un oléoduc reliant ses champs pétroliers du Nord à la côte méditerranéenne syrienne, tandis que l’Arabie saoudite s’appuie depuis plusieurs années sur son oléoduc Est-Ouest reliant le Golfe à la mer Rouge.

Cette montée des tensions intervient alors que Riyad et les Houthis ont renoué avec les affrontements armés pour la première fois depuis plusieurs années, menaçant la fragile trêve instaurée en 2022 sous l’égide des Nations unies. Le royaume accuse le mouvement yéménite d’aggraver l’isolement économique du Yémen, tandis que les Houthis dénoncent la politique saoudienne et américaine dans la région.