L’Estonie à nouveau privée de l’organisation d’une compétition sportive internationale ? Le 6 juillet, la radio-télévision publique estonienne ERR a annoncé que la Fédération européenne de tir avait décidé de reprogrammer à Grenade, en Espagne, les prochains championnats d’Europe de tir à 10 mètres.
Ceux-ci devaient initialement avoir lieu dans la capitale estonienne, Tallinn, qui les aurait ainsi accueillis pour la quatrième fois de son histoire, après 1998, 2005 et 2023, a précisé la même source. Selon le site de la Fédération européenne de tir, la compétition est désormais prévue du 3 au 9 mars 2027 dans la ville andalouse.
En cause : le refus de l’Estonie de laisser des citoyens russes et biélorusses participer à des compétitions sportives internationales sur son territoire. Or, a souligné l’ESC, ce tournoi est qualificatif pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 et « tous les athlètes éligibles doivent pouvoir y participer ».
« La Fédération estonienne de tir, fidèle aux principes de l’État estonien, ne peut autoriser les citoyens biélorusses ou russes à entrer en Estonie », a défendu Vahur Karus, président de la Fédération estonienne de tir et ancien chef d’état-major des forces armées estoniennes, également cité par le média public estonien.
« Il ne faut tout simplement pas laisser l’Estonie organiser des tournois »
La réaction des responsables politiques russes ne s’est pas fait attendre. « C’est une solution satisfaisante face à la discrimination de la part des autorités estoniennes », a réagi ce 7 juillet Dmitry Svichtchev, vice-président de la commission des sports de la Douma, auprès de l’agence TASS. « Nous ne pouvons que nous réjouir de la décision de la confédération européenne », a ajouté le député, soulignant que la Russie se tenait prête « à organiser des événements à tous les niveaux » et que « tous les athlètes seront traités avec respect, sans aucune discrimination ».
« Il ne faut tout simplement pas laisser l’Estonie organiser des tournois. Il est évident qu’elle ne se comportera pas différemment », a pour sa part estimé la députée Svetlana Jourova, toujours auprès de TASS. « Le risque d’annulation ou de report est élevé, ce qui entraînerait des pertes financières pour les fédérations internationales », a ajouté cette ancienne championne olympique russe.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se présente. Face au refus persistant de l’Estonie d’accorder des visas aux athlètes russes et biélorusses, les championnats d'Europe d’escrime se sont finalement déroulés mi-juin à Anthony, en France.