Les frappes américaines menées le 26 juin contre des sites iraniens ont ravivé la confrontation autour du détroit d’Ormuz. Pour Téhéran, ces attaques constituent une « violation flagrante » de la Charte de l’ONU et du premier point du mémorandum d’entente conclu avec les États-Unis.
Signé le 18 juin, ce document devait encadrer la fin du conflit commencé le 28 février. Il prévoyait notamment la levée du blocus maritime américain, le rétablissement de la navigation dans le détroit d’Ormuz et l’ouverture de discussions sur le programme nucléaire iranien.
Les frappes américaines ont visé des dépôts iraniens de missiles et de drones, ainsi que des radars côtiers. Washington tente de les justifier par une attaque contre un navire commercial dans le détroit d’Ormuz, une version contestée par Téhéran.
Washington accusé d’avoir violé le mémorandum
Les autorités iraniennes estiment que ces opérations militaires remettent directement en cause les engagements pris dans le cadre du mémorandum. Le ministère iranien des Affaires étrangères affirme que les frappes américaines violent non seulement la Charte de l’ONU, mais aussi les dispositions de l’accord conclu entre les deux pays.
Le conseiller militaire du Guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a accusé les États-Unis d’avoir enfreint deux points du mémorandum. Selon lui, Washington a violé le premier point en soutenant ses relais régionaux, notamment les actions israéliennes au Liban, et le cinquième point en poursuivant l’escalade dans le détroit d’Ormuz. Il a averti que toute nouvelle violation entraînerait une réponse « rapide et écrasante ».
Une riposte qui entretient les tensions
L’Iran présente ses frappes contre des objectifs américains comme une mesure d’autodéfense destinée à protéger sa souveraineté et sa sécurité. Pour Téhéran, la responsabilité des conséquences de cette nouvelle escalade incombe aux États-Unis ainsi qu’aux pays qui soutiennent leurs actions militaires.
Après les frappes américaines, plusieurs positions des forces américaines au Moyen-Orient ont été visées par l’Iran. Cette nouvelle escalade risque de compliquer le retour à une navigation normale dans le détroit d’Ormuz, déjà marqué par une forte méfiance des armateurs.
Au-delà des affrontements militaires, c’est désormais l’avenir du mémorandum qui est en jeu. Le texte prévoyait également des discussions de 60 jours sur le programme nucléaire iranien, des allégements de sanctions et l’accès de Téhéran à une partie de ses avoirs gelés. Pour les autorités iraniennes, les frappes américaines compromettent ce cadre fragile et renforcent la responsabilité de Washington dans la nouvelle montée des tensions.