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Manifestations au Liban après la signature d'un accord avec Israël : le Hezbollah dénonce un risque de guerre civile

Des manifestations ont éclaté à Beyrouth après la signature à Washington d'un accord entre le Liban, Israël et les États-Unis. Alors que les autorités libanaises présentent le texte comme une première étape vers la fin des hostilités, le Hezbollah rejette catégoriquement l'accord et affirme qu'il pourrait plonger le pays dans une crise interne.

Le Liban est entré dans une nouvelle phase de tensions après la signature le 25 juin, à Washington, d’un accord-cadre avec Israël sous médiation américaine. Présenté comme une étape vers l’arrêt des hostilités, le texte a aussitôt provoqué une contestation dans la rue, notamment parmi les partisans et sympathisants du Hezbollah.

À Beyrouth, des manifestants se sont rassemblés devant le siège du gouvernement, tandis qu’une colonne de protestataires à moto a traversé plusieurs quartiers de la capitale. Les mobilisations ont ensuite gagné plusieurs secteurs de la ville.

Des heurts ont été signalés entre des protestataires et des patrouilles de l’armée libanaise, notamment dans le centre-ville et sur la route de l’aéroport. Des pierres ont été lancées contre les militaires, avant que l’armée ne reprenne le contrôle du centre de la capitale. Aucune arrestation n’a été signalée.

Un texte encadré par Washington

La contestation intervient après cinq cycles de discussions entre représentants libanais et israéliens, menés sous médiation américaine. Le document prévoit une cessation officielle des hostilités, un retrait progressif des forces israéliennes selon l’évolution de la situation sécuritaire, ainsi qu’un rôle renforcé pour l’armée libanaise.

Le texte inclut également le désarmement des groupes armés non étatiques, dont le Hezbollah, et la mise en place d’un mécanisme de contrôle soutenu par les États-Unis. Il prévoit aussi une coordination de l’aide internationale et l’ouverture de discussions sur un cadre plus large de sécurité.

Le président libanais Joseph Aoun a salué la signature du document, estimant qu’il représente « un premier pas » vers la fin des combats, le retour des habitants dans les zones touchées et le rétablissement de la souveraineté du Liban sur le sud du pays.

À Washington, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a présenté le texte comme le début d’un processus de règlement. L’accord prévoit également la création d’un groupe militaire tripartite chargé de superviser l’application des engagements.

Le Hezbollah rejette toute normalisation

Le Hezbollah refuse toutefois cet accord et conteste sa mise en œuvre. Son secrétaire général, Naïm Qassem, affirme que le Liban ne doit pas céder à ce qu’il qualifie de « diktat américano-israélien ». Il rejette aussi toute normalisation avec Israël.

Le député Hassan Fadlallah défend la même ligne. Selon lui, le gouvernement ne sera pas en mesure d’appliquer l’accord. Il avertit qu’une tentative de mise en œuvre pourrait conduire à « un éclatement du pays » et à une guerre civile. Il affirme également que le Hezbollah ne renoncera pas à ses armes et continuera de s’opposer aux décisions prises à Washington.

Cette opposition est renforcée par la position israélienne sur le sud du Liban. Benyamin Netanyahou a déclaré qu’Israël resterait dans une zone de sécurité jusqu’au désarmement du Hezbollah, malgré les attentes libanaises d’un retrait complet. Il a aussi évoqué des zones qui seraient progressivement confiées à l’armée libanaise, tout en maintenant un contrôle israélien sur certains secteurs tant que les conditions de sécurité ne seraient pas jugées suffisantes.

L’accord ouvre donc une séquence délicate pour le Liban. Entre les engagements pris à Washington, le maintien annoncé d’une présence israélienne dans le sud et le rejet affiché par le Hezbollah, son application risque de se heurter à de fortes résistances politiques et populaires sur le terrain.