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«Un fiasco» : la mission de sauvetage d’une baleine en Allemagne, chiffrée à 1,5 million d’euros, tourne au vinaigre

Une jeune baleine à bosse, surnommée Timmy et relâchée le 2 mai après avoir été retrouvée échouée fin mars sur les côtes allemandes, serait vraisemblablement morte, selon le musée océanographique de Stralsund. L’équipage du navire de remorquage est pointé du doigt.

Timmy ne répond plus, ou plutôt le transpondeur GPS censé transmettre ses coordonnées. Depuis le 5 mai et l’annonce par le musée océanographique de Stralsund que le cétacé était « très probablement » mort, une partie de la presse européenne, qui parle d’« un fiasco », s’interroge sur le sort de ce jeune mâle d’environ 12 tonnes retrouvé échoué fin mars sur un banc de sable près de la ville allemande de Lübeck.

Remorqué en mer, le cétacé a été relâché le 2 mai dans le Skagerrak, une route maritime très fréquentée entre le Danemark et la Norvège.

« Étant donné que la baleine était extrêmement affaiblie et qu’elle s’était échouée à plusieurs reprises en peu de temps après de précédentes tentatives de sauvetage, il est fort probable qu’elle n’avait pas assez de force pour nager en eau profonde pendant une période prolongée et qu’elle n’est plus en vie », a déclaré le musée allemand dans un communiqué.

Le même jour, auprès de Bild, Karin Walter-Mommert, qui a partiellement financé l’opération de remorquage, a précisé que l’émetteur devait également transmettre des informations sur les constantes vitales de l’animal et qu’il ne pouvait se déclencher que si celui-ci restait immergé pendant au moins dix secondes.

La millionnaire allemande affirme ne pas comprendre pourquoi l’animal a été relâché dès le matin, alors que l’équipage devait attendre l’après-midi, notamment après l’échec d’une première tentative de remise à l’eau qui avait fortement secoué le cétacé.

Une opération de sauvetage vivement critiquée

La vétérinaire Kirsten Tönnies, présente à bord d’un des navires accompagnant la baleine et filmée en train de pleurer de joie lors de la remise à l’eau du 2 mai, accuse désormais l’équipage de l’avoir empêchée d’assister à la seconde tentative et d’avoir abandonné le mammifère marin « trop tôt » et « en secret ».

Face à la tournure de l’affaire, les responsables du musée — qui regrettent qu’il « n’existe plus de données vérifiables de manière indépendante concernant le lieu de séjour et l’état de santé de l’animal » — ont demandé à l’organisation privée ayant conduit l’opération de « faire preuve d’une transparence totale ».

Parmi les éléments réclamés figurent notamment des photographies récentes de l’animal ainsi que des précisions sur la manière dont l’émetteur a été fixé au cétacé.

Cette opération de remorquage aurait coûté, d’après Karin Walter-Mommert, la bagatelle de 1,5 million d’euros.

Des milliers de cétacés tués chaque année

Une étude publiée fin 2024 dans la revue Science estimait par ailleurs qu’environ 20 000 baleines seraient tuées chaque année — soit une cinquantaine par jour — dans des collisions avec des navires de transport et de croisière.