Le navire de croisière de luxe battant pavillon néerlandais, le MV Hondius, à bord duquel des cas mortels d’hantavirus ont été constatés, s’apprête, ce 6 mai, à quitter le Cap-Vert pour rejoindre le territoire espagnol, plus précisément les îles Canaries, après une autorisation accordée par Madrid.
Le ministère espagnol de la Santé a indiqué avoir été sollicité par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Union européenne afin de prendre en charge le navire « conformément au droit international et aux principes humanitaires ».
Le port de destination du navire aux Canaries reste toutefois à déterminer. Selon le ministère espagnol de la Santé, les membres d'équipage ainsi que les passagers devraient être examinés, soignés puis rapatriés vers leurs pays d’origine. L’opération sera menée en coordination avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies et l’OMS.
Bilan de l’épidémie d’hantavirus
À ce jour, l’épidémie d’hantavirus à bord du MV Hondius a causé la mort de trois personnes : un couple néerlandais et un ressortissant allemand.
La première victime, un Néerlandais, est décédée le 11 avril. Son corps est resté à bord jusqu'au 24 avril avant d’être débarqué à Sainte-Hélène, selon la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, organisatrice de la croisière.
L’épouse de cette première victime a présenté des symptômes gastro-intestinaux lors de son évacuation vers Johannesburg, où son état s’est rapidement aggravé. Elle est décédée à son arrivée aux urgences le 26 avril, selon l’OMS, qui a également annoncé l’ouverture d’une enquête épidémiologique afin d’identifier les passagers du vol concerné.
Les autorités néerlandaises ont ensuite confirmé l’infection de la victime par le hantavirus.
Un autre cas a été identifié par les autorités sud-africaines, qui ont confirmé l’hospitalisation à Johannesburg d’un patient britannique testé positif à la maladie.
Deux autres membres de l’équipage nécessitent des soins d’urgence, selon Oceanwide Expeditions, tandis qu’une autre personne présentant des symptômes suspects souffrirait pour l’instant d’une légère fièvre.
Évacuation des passagers « dans les prochaines heures »
Lors d’une conférence de presse, la directrice nationale de la Santé du Cap-Vert, Angela Gomes, a déclaré que des évacuations auraient lieu « dans les prochaines heures ».
De son côté, le ministère espagnol de la Santé a assuré que toutes les mesures nécessaires seraient prises afin de garantir la sécurité sanitaire de la population locale et du personnel médical. Les patients devraient être transportés dans des véhicules spécialisés afin d’éviter tout contact avec le public.
Le ministère a également indiqué que « l’Organisation mondiale de la santé a expliqué que le Cap-Vert n’est pas en mesure de mener à bien cette opération », ajoutant que « les îles Canaries sont le lieu le plus proche disposant des capacités nécessaires ».
Un possible cas rare de transmission humaine
Le hantavirus se transmet généralement à l’homme par contact avec des rongeurs infectés ou leurs fluides corporels — urine, salive ou excréments — ce qui limite habituellement les risques de transmission au grand public.
Mais l’OMS a indiqué le 5 mai soupçonner des cas de transmission interhumaine à bord du MV Hondius, une éventualité rare qui aurait pu se produire lors de contacts très étroits entre certains passagers.
Maria van Kerkhove, directrice de la préparation et de la prévention des épidémies et des pandémies à l’OMS, a déclaré à Genève : « Nous pensons effectivement qu'il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes ayant des contacts très étroits, comme les couples mariés ou les personnes ayant partagé une cabine ».
L’organisation soupçonne également la souche andine du virus — présente en Amérique du Sud, notamment en Argentine — d’être à l’origine de l’épidémie à bord du navire. Cette variante a déjà été associée dans le passé à des cas de transmission entre humains lors de contacts rapprochés.
Selon l’hypothèse privilégiée par l’OMS, le couple néerlandais aurait embarqué en Argentine alors qu’il était déjà infecté avant le départ de la croisière.