Christophe Leribault, qui a succédé à Laurence des Cars en février après la démission forcée de cette dernière, assume pleinement la poursuite du grand chantier de rénovation du plus grand musée du monde.
Dans un entretien au journal Le Monde, le nouveau président du Louvre défend le plan « Louvre Nouvelle Renaissance ». « C’est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d’accueillir neuf millions de visiteurs par la Pyramide », explique-t-il.
Il insiste sur la nécessité de revoir les infrastructures, les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la cour Carrée. « Le coût est incompressible », martèle-t-il, tout en concédant des ajustements marginaux.
Le projet, porté par Emmanuel Macron, avait été mis entre parenthèses après le spectaculaire cambriolage d’octobre. Il prévoit notamment une nouvelle entrée dans la colonnade de Perrault et une réorganisation majeure des espaces. Le jury doit désigner l’architecte le 13 mai.
Le nouveau dirigeant, ancien président de Versailles, met l’accent sur l’apaisement social et la concertation. Il a multiplié les rencontres avec les syndicats et les équipes. Parmi les premières mesures concrètes : la réouverture de la galerie d’Apollon en juillet, sans vitrine centrale, comme une galerie d’apparat du XVIIe siècle. Les joyaux restants, dont la couronne d’Eugénie endommagée lors du cambriolage du musée, seront exposés ailleurs dans un espace sécurisé.
Le prestige comme argument budgétaire
Leribault annonce également une réduction de la part des recettes de billetterie consacrée aux acquisitions, de 20 % à 12 %, suivant les recommandations de la Cour des comptes. Il cherche par ailleurs 330 millions d’euros via le mécénat international. « On parle du Louvre, tout de même ! Un musée-monde », plaide-t-il.
Les travaux porteront majoritairement sur les infrastructures (80 % du budget) : climatisation, réseaux de chauffage, escalators et mise aux normes de sécurité face aux risques multiples (incendie, terrorisme, activisme, cybersécurité). Un coordinateur de sûreté arrivera en juillet.
Leribault souhaite aussi assouplir les cloisonnements entre départements pour créer davantage de dialogues entre les œuvres et programmer des expositions transversales. Il défend une politique ambitieuse de prêts en région, estimant que les collections appartiennent à tous les Français.
Malgré les critiques sur le coût du projet dans un contexte de tensions budgétaires, le président du Louvre insiste sur sa cohérence globale, comparable aux grands chantiers du British Museum ou du Metropolitan Museum. Il se présente en « passeur » au service d’une institution qui le dépasse, tout en affichant une réelle ambition pour son avenir.