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160 ha de récolte détruits à Gaza : «Tsahal prive les Palestiniens de source de revenu»

Israël a endommagé plus d’une centaine d’hectares de plantations palestiniennes près de la clôture entourant Gaza, en les arrosant d’herbicides. L’incident suscite la condamnation de nombreux groupes de défense des droits de l’homme.

Il s’agit d’une zone d’exclusion maintenue unilatéralement par l’armée israélienne sur le côté palestinien de la frontière. En principe, les agriculteurs sont autorisés à s’approcher à une distance de 100 mètres de cette clôture, mais en l’absence de règle définitive, cette zone est considérée comme dangereuse pour les civils.

Cette pulvérisation de récolte a provoqué la réprobation des organisations de défense des droits de l’homme contre Israël. «Pulvériser des herbicides qui détruisent les cultures, tout comme ouvrir le feu sur des hommes et femmes de tous âges aux abords de la frontière, constitue une mise en danger de vies humaines, en détruisant leurs moyens de subsistance», a déclaré en décembre Shai Grunberg, porte-parole de Gisha, une organisation israélienne de défense des droits humains qui milite pour défendre la liberté de mouvement des Palestiniens à Gaza.

RT a contacté Tsahal, qui a expliqué que la pulvérisation aérienne de pesticides était destinée à permettre des opérations de sécurité. Selon l’armée israélienne, de nombreux explosifs ont été trouvés plus tôt, incitant à la prise de mesures pour dégager la zone. «Le produit qui a été utilisé ne nuit pas à l’environnement», lit-on dans le communiqué.

Agriculteurs à RT : Qui compensera les pertes que nous avons subies ?

Cependant, la version des agriculteurs locaux n’est pas la même. Le Palestinien Azam Said Abo Abed condamnant les actions de l’armée israélienne a déclaré : «Personne ne pense à nous [agriculteurs]. La preuve est ici. Toutes nos cultures sont détruites, car la récolte est impropre à la consommation par les humains ou même par les animaux».

Selon l’agriculteur, la récolte était prête à être vendue sur les marchés, mais il leur a été dit de la détruire.«Qui en assumera la responsabilité ?», a-t-il demandé. Un autre agriculteur, Salam Muhana, n’ose plus planter de légumes puisqu’il y a un risque que l’armée israélienne les détruise également par pulvérisation.

«Il est connu que c’est un secteur agricole qui fournit la bande de Gaza. Aucun de nos agriculteurs ici n’a d’autre source de revenus, sauf leurs fermes, qui ne sont plus bonnes pour cultiver», a confié un autre fermier interrogé.

Il a également ajouté que la nature des produits pulvérisés était inconnue. «Nous ne savons pas si le produit est un poison et nous avons dû détruire toute la récolte à cause de cela.»