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Conflit au Moyen-Orient : les cours du pétrole chutent après une infox du secrétaire américain à l’Énergie

Le secrétaire américain à l’Énergie a affirmé sur X que la marine américaine avait escorté «avec succès» un pétrolier à travers le détroit d’Ormuz, passage par lequel transitent 20% du pétrole mondial. Son message a ensuite été supprimé, tandis que Washington et Téhéran ont démenti l’information. Les cours du pétrole ont quant à eux plongé.

Le « cafouillage » paierait-il ? Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a annoncé ce 10 mars sur le réseau social X que la marine américaine avait « escorté avec succès » un pétrolier  traversant le détroit d’Ormuz, « pour garantir la continuité de l'approvisionnement des marchés mondiaux en pétrole ».

« Nous avions annoncé que nous nous assurerions que les pétroliers puissent passer, un gros pétrolier l’a fait il y a environ 36 heures et je pense que nous en verrons d’autres », s’est-il félicité d’après des propos cités par des titres de presse qui se sont faits l’écho de l’affaire.

En effet, quelques minutes plus tard, la publication a été supprimée. « Je peux confirmer que la marine américaine n'a escorté aucun pétrolier ni aucun navire à l'heure actuelle », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, contredisant ainsi le secrétaire à l’Énergie.

« D'après des sources militaires bien informées, c'est faux », avait également assuré sur X une journaliste de la chaîne américaine Fox News. « À ce jour, aucun navire pétrolier américain n'a été escorté par des forces armées américaines dans le détroit d'Ormuz, contrairement aux affirmations du secrétaire à l'Énergie, Chris Wright », a-t-elle ajouté.

Les Gardiens de la révolution ont également réagi à l’affaire. « Aucun navire de guerre américain n’a osé s’approcher de la mer d’Oman, du golfe Persique ou du détroit d’Ormuz durant ce conflit », a déclaré leur porte-parole, Ali Mohammad Naïni.

L'affirmation de Chris Wright aurait néanmoins été bien reçue par les marchés. S'ils étaient déjà orientés à la baisse, les cours du Brent et celui du WTI ont nettement reculé dans la foulée de l'annonce de Wright, de respectivement 15 % et 17 %, repassant sous les barres des 85 et 80 dollars le baril et marquant leur plus fort replis en quatre ans.

Les États-Unis et Israël ont lancé le 28 février une nouvelle campagne de frappes contre l’Iran, tuant d’entrée le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs dizaines de hauts responsables. Téhéran a annoncé, parmi les mesures de représailles, qu'il comptait bloquer le trafic maritime passant par le détroit d'Ormuz.

Environ 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitent par ce détroit coincé entre le Sultanat d'Oman et l'Iran. Le président américain Donald Trump a menacé de frapper l'Iran « beaucoup plus fort » si Téhéran « prenait le monde en otage » en bloquant l'acheminement de l’or noir via le détroit d'Ormuz.