« Lorsque Chypre est attaquée, c’est l’Europe qui est attaquée », a déclaré ce 9 mars Emmanuel Macron depuis la base de Paphos, aux côtés du président chypriote Nikos Christodoulides et du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, assurant que la défense de Chypre était « une question essentielle […] pour la France et avec elle l’Union européenne ».
Tout comme lors de son allocution du 3 mars, le président français a mis l’accent sur le respect par la France de ses « partenariats stratégiques » et réaffirmé le soutien de Paris aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït, « avec lesquels nous sommes liés par des accords de défense », ainsi qu’à la Jordanie, à l’Arabie saoudite et à l’Irak. « Derrière ces textes signés, il y a la solidarité de nations et leur engagement armé », a insisté Macron.
Ce dernier a notamment mis en avant le déploiement à Chypre de missiles Mistral ainsi que de la frégate Languedoc. Par ailleurs, il a souligné la présence, non loin de l’île, du porte-avions Charles de Gaulle et de son escadre.
« Notre objectif est de nous tenir de manière strictement défensive aux côtés de tous les pays qui sont attaqués par l’Iran dans sa riposte, d’assurer notre crédibilité et de contribuer à la désescalade régionale », a déclaré le président français.
Concernant la situation au Liban, il a notamment pointé du doigt le Hezbollah, qu'il accuse d'avoir commis « la faute majeure d'attaquer Israël et de viser Chypre », tout en appelant les deux belligérants à cesser leurs attaques afin de permettre aux forces armées libanaises, « seules légitimes pour assurer la sécurité de leur sol », d’exercer leurs responsabilités.
Détroit d’Ormuz : des escortes de navires envisagées « après la sortie de la phase la plus chaude du conflit »
« Enfin, ce que nous voulons faire, c’est assurer la liberté de navigation et la sûreté maritime », a-t-il ajouté, évoquant la Méditerranée orientale ainsi que la mer Rouge « de Suez à Bab el-Mandeb », dans le cadre de l’opération Aspides lancée par l’Union européenne en février 2024 afin d’y protéger le trafic maritime. « Et la France y apportera sa contribution avec — dans la durée — deux frégates qui seront dédiées à cet effort », a précisé Macron.
Le président français a également annoncé la mise en place d’« une mission purement défensive » d’escorte de porte-conteneurs ainsi que de tankers, « qui a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit […] de rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz ».
Le blocage de facto, par les opérations militaires iraniennes menées en réponse aux frappes israélo-américaines, de ce passage stratégique — par lequel transitent environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux — a provoqué en quelques jours une flambée des cours du pétrole et du gaz. Une flambée qui a commencé à impacter les prix à la pompe en France et qui pourrait entraîner, comme dans d’autres pays occidentaux, une nouvelle poussée inflationniste.