Le cours de l’or noir, à l’ouverture des marchés lundi 9 mars, devrait vraisemblablement poursuivre sur son envolée après le déclenchement par les États-Unis et Israël d'une campagne de frappes contre l'Iran.
Une hausse qui s’explique notamment par les attaques qui ont visé des pétroliers dans le détroit d’Ormuz ainsi que par les réductions de production amorcées par plusieurs grands producteurs de la région, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak et le Koweït. Ces pays représentent ensemble une part importante de l’approvisionnement mondial, ce qui alimente les craintes de pénurie sur les marchés.
Au cours de la semaine écoulée, le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a vu son cours progresser de 36 % pour atteindre 90,90 dollars le baril, « sa plus forte hausse hebdomadaire jamais enregistrée », a souligné le Financial Times (FT). Le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, s’est quant à lui établi à 92,69 dollars, contre environ 60 dollars au début de l’année.
Les marchés anticipent désormais un blocage prolongé du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite habituellement environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. « À moins que la situation ne s’améliore rapidement, je m’attends à ce que nous atteignions des prix à trois chiffres du Brent en début de semaine prochaine », a déclaré auprès du FT Richard Bronze, responsable de la géopolitique au cabinet de conseil Energy Aspects.
Des capacités de stockage au bord de la saturation
La banque américaine Goldman Sachs a averti le 6 mars que « les prix du pétrole dépasseraient probablement les 100 dollars la semaine prochaine si aucun signe de solution » n’apparaît d’ici là et que les prix des produits raffinés — notamment l’essence et le diesel — pourraient « dépasser les pics de 2008 et 2022 si les flux dans le détroit d'Ormuz restaient faibles tout au long du mois de mars ».
Dans la région, plusieurs installations pétrolières ont été visées par des attaques de drones, notamment en Arabie saoudite. Selon la société d’analyse satellitaire Kayrros, Riyad aurait commencé à réduire sa production afin d’éviter une saturation de ses capacités de stockage.
La compagnie nationale Saudi Aramco tente par ailleurs de rediriger une partie de ses exportations vers la mer Rouge via l’oléoduc est-ouest reliant les champs pétroliers au port de Yanbu.
Dans le même temps, la Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a invoqué un cas de force majeure pour justifier une réduction « préventive » de ses capacités de production et de raffinage de pétrole brut, tandis que la compagnie nationale d’Abou Dhabi, Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC), a annoncé une réduction de sa production offshore. L’Irak aurait également drastiquement revu à la baisse ses extractions d’or noir.