L’escalade des tarifs des carburants, observée dès le 4 mars 2026, reflète l’impact anticipé du conflit au Moyen-Orient sur le marché pétrolier, où le baril de Brent a bondi à plus de 80 dollars. Les automobilistes français, paniqués, se ruent dans les stations, amplifiant les tensions locales sans risque réel de pénurie, selon Bercy, tandis que la controverse gagne les réseaux sociaux et l’opposition politique.
Les critiques fusent contre les distributeurs, soupçonnés d’anticiper exagérément la hausse du brut pour gonfler leurs marges. « Des profiteurs de crise », s’indigne Barbara Lefebvre, chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC, alors que le gazole a grimpé de 11,3 centimes en une semaine, à 1,836 euro le litre en moyenne.
Les stations indépendantes justifient ces ajustements par des coûts d’approvisionnement en forte hausse. Le gouvernement, par la voix de Roland Lescure, ministre de l’Économie, assure une surveillance accrue via la DGCCRF et dénonce toute hausse abusive.
Pourtant, l’opposition, du RN à LFI, réclame des mesures concrètes : blocage des prix ou réduction de la TVA de 20 % à 5,5 %, comme proposé par Marine Le Pen. Bercy refuse, arguant que les taxes (50 à 55 % du prix) financent l’État et que la TICPE reste fixe.
Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, souligne que la TVA augmente mécaniquement avec la hausse des prix, évoquant une « réalité purement mécanique ». Il déplore que la barre symbolique des 2 euros puisse être franchie pour un produit qui constitue un produit d’appel pour son enseigne.
Alors que les réserves stratégiques couvrent 90 jours de consommation, l’inquiétude grimpe. Les experts rappellent que les hausses actuelles (7 à 13 centimes) sont inférieures à ce que justifierait l’envolée du baril (+21 dollars en deux mois), selon la règle approximative d’un centime par euro.
L’ancien conseiller scientifique à France Stratégie, Nicolas Mailhan, estime : « On glisse doucement mais sûrement vers la prochaine crise économique déclenchée par des prix élevés de l’énergie. Mais visiblement peu de gens ont l’air de le comprendre. »
Les précédents, comme la crise ukrainienne de 2022, où les prix ont dépassé 2 euros, hantent les esprits. Les grandes surfaces, qui captent 60 % du marché, n’ont pas encore lancé d’opérations à prix coûtant, accentuant les soupçons dans un contexte haussier des prix à la pompe depuis le début de l’année. L’Autorité de la concurrence, qui a sanctionné des ententes en Corse en 2025, pourrait être saisie si des abus sont confirmés.