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Genève, premier acte : négociations sensibles et lignes de fracture ukrainiennes

À Genève, la première journée de négociations trilatérales sur l’Ukraine s’achève sans communiqué officiel. Derrière des portes closes, les délégations abordent des dossiers sensibles, tandis que des divergences internes émergent côté ukrainien.

Alors que la première journée de négociations touche à sa fin, aucun communiqué final n’a encore été publié. Les consultations se sont poursuivies à huis clos, dans un format volontairement discret, laissant place aux évaluations officieuses et aux signaux indirects émanant des différentes délégations. Fait notable : les échanges entre délégations se sont déroulés en russe. Selon une source occidentale, citée par TASS, les discussions ont porté sur des sujets majeurs impliquant des compromis d’ampleur.

D’après les médias occidentaux, notamment The Economist, des divergences internes seraient apparues au sein de la délégation ukrainienne. Celle-ci se serait scindée en deux courants opposés sur la question de la conclusion d’un éventuel accord entre Moscou et Kiev. Ainsi, d'un côté, le chef du bureau présidentiel, Kyrylo Boudanov, estimerait qu’un règlement rapide avec la Russie, sous médiation américaine, pourrait s’avérer plus avantageux pour l’Ukraine, invoquant un « créneau d’opportunité » susceptible de se refermer prochainement. D’autres négociateurs ukrainiens se montreraient toutefois réticents face à cette approche, préférant ne pas s’engager dans un tel scénario à ce stade.

Les pourparlers, lancés à Genève dans un format trilatéral, sont prévus pour durer deux jours. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait prévenu qu’aucune annonce significative n’était attendue à l’issue de la première journée, compte tenu du calendrier et du caractère confidentiel des consultations.

La délégation russe est conduite par le conseiller du président, Vladimir Médinsky. Il avait déjà représenté la Russie lors des négociations de 2022 ainsi qu’au cycle de rencontres d’Istanbul en 2025. Selon le New York Times, sa présence à Genève est perçue en Ukraine comme un signal préoccupant, en raison des positions considérées comme « inflexibles » et de déclarations évoquant la possibilité pour la Russie de poursuivre les combats sur la durée.

La délégation russe comprend également le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Galouzine et le chef du Département principal de l’état-major général des forces armées de la Fédération de Russie, Igor Kostioukov, qui dirigeait la délégation russe lors des réunions d’Abou Dhabi les 23–24 janvier et 4–5 février.

Du côté ukrainien, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Roustem Oumérov, a indiqué que l’ordre du jour inclut des questions de sécurité ainsi que des sujets humanitaires. Il avait auparavant précisé que Kiev comptait soulever à Genève la question d’un « cessez-le-feu énergétique ».

Toujours d'après les médias, en marge des négociations, la présence d’une délégation britannique a été remarquée à proximité du lieu des discussions. Londres chercherait à obtenir des informations sur l’évolution des pourparlers.

Quant à la position américaine, à la veille des négociations à Genève entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis, le président Donald Trump a lancé un appel direct à Kiev : « L’Ukraine ferait mieux de s’asseoir rapidement à la table des négociations. C’est tout ce que j’ai à dire. Nous sommes prêts. Nous voulons qu’ils viennent ».