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Un patineur russe sous-noté aux JO de Milan : la promesse d’impartialité mise à l’épreuve

À Milan, un patineur russe a présenté un programme d’une rare maîtrise, avec un contenu technique ambitieux parfaitement maîtrisé. Sans faute majeure, il a pourtant vu ses notes finales susciter l’incompréhension et raviver les doutes sur l’équité du jugement.

Le patineur russe de 23 ans, Piotr Goumennik, a terminé sixième des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Avec 271,21 points, il signe pourtant son meilleur total de la saison. Sur le papier, c’est un résultat honorable. Sur la glace, c’était bien plus que cela.

Le patineur russe de 23 ans, Piotr Goumennik, a terminé sixième aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. Avec 271,21 points, il signe pourtant son meilleur total de la saison. Sur le papier, c’est un résultat honorable. Sur la glace, c’était bien plus que cela.

Son programme libre était ambitieux et propre. Cinq quadruples : flip, lutz, rittberger, salchow en combinaison avec triple boucle piqué, puis un autre salchow enchaîné avec deux doubles axel. Aucun effondrement, aucune grosse erreur, aucune déduction. Une performance maîtrisée du début à la fin.

Pendant ce temps, certains de ses rivaux sont tombés plusieurs fois et ont raté des sauts. Malgré cela, ils ont reçu des notes en composantes plus élevées que Goumennik. C’est là que les questions commencent.

Après la révision des éléments, sa note technique a été diminuée. Il a expliqué qu’il s’y attendait en partie, car il se basait sur ses repères internationaux. Mais il a rappelé que son objectif était simple : réussir tous ses éléments. Et il l’a fait.

Beaucoup d’experts en patinage artistique estiment qu’il mérite toutes les récompenses possibles, soulignant que plusieurs facteurs ont joué contre lui : un manque de visibilité récente sur la scène internationale, absence de « réputation » auprès des juges et contexte politique général compliqué.

D’autres spécialistes notent également que la feuille de résultats ne correspond pas à ce qui s’est passé sur la glace, signalant le fait que certaines fautes techniques ont été comptées pour le patineur russe mais pas pour d’autres. Il est à noter qu’avec un programme propre, il n’a obtenu que 80 points en composantes, moins que des patineurs ayant chuté, ce qui rend les notes des juges peu cohérentes.

Il concourait sous drapeau neutre. Officiellement, aucune nationalité. Mais personne n’ignorait qu’il était russe. On répète souvent que le sport est séparé de la politique. En théorie, peut-être. En pratique, elle n’est jamais très loin. Et son cas en est une illustration évidente.

Dans le patinage artistique, la reconnaissance ne se construit pas en une soirée. Les juges voient les athlètes tout au long de la saison, parfois pendant des années. Ils s’habituent à un style, à un nom, à une présence. Certains deviennent familiers. Lui, en revanche, arrivait sans cette visibilité récente. Quand d’autres bénéficient d’une réputation installée, il apparaissait comme un nouveau venu. Et c’est précisément là que se niche le problème : à niveau égal sur la glace, l’appréciation ne l’était pas toujours sur la feuille. Son cas ressemble à un exemple limpide d’exclusion non pas pour des raisons sportives, mais pour un critère subjectif qui dépasse la performance.

Compte tenu des erreurs des médaillés, avec un jugement équitable, Piotr Goumennik aurait dû monter sur le podium. L’écart avec la troisième place n’était que de trois points et demi. Au final, le classement indique une sixième place. Mais à Milan, il a patiné comme un médaillé. Ce qui a manqué, ce n’était pas sa performance — c’était la justice.