Près de 3 milliards de dollars ont été engagés par les États-Unis pour déployer leurs forces autour du Venezuela depuis l’été 2025, en soutien à l’opération qui a conduit à l'enlèvement de Nicolás Maduro et de Cilia Flores, selon les estimations de Bloomberg.
Le président américain Donald Trump a décrit ces manœuvres comme une opération chirurgicale. En quelques heures, une soixantaine de membres des forces spéciales, appuyés par des moyens aériens, ont pénétré à Caracas, neutralisé la sécurité présente et exfiltré leurs cibles vers un porte-avions positionné au large.
Depuis la fin de l’été dernier, les États-Unis avaient progressivement renforcé leur présence militaire autour de l’Amérique latine, déployant des navires de combat, de l’aviation embarquée, des drones ainsi que des bateaux logistiques. À son apogée, près de 20 % de la flotte de surface américaine était concentrée dans cette région.
Le coût quotidien de cette présence a dépassé 20 millions de dollars entre la mi-novembre et la mi-janvier. Même si ces unités sont financées par des crédits déjà votés, toute activité opérationnelle entraîne des dépenses additionnelles : carburant aérien, munitions, maintenance accrue, primes pour les personnels engagés.
Au cœur du dispositif figurait l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions au monde, embarquant plus de 4 000 personnes et des dizaines d’appareils de combat. À lui seul, avec les destroyers, croiseurs et sous-marins qui l’accompagnaient, son groupe aéronaval représentait environ 11,4 millions de dollars par jour.
Deux groupes amphibies étaient également déployés dans la zone. Ils rassemblaient plusieurs navires, dont l’USS Iwo Jima, où Maduro et Flores ont été conduits après leur enlèvement, ainsi que l’USS Fort Lauderdale et l’USS San Antonio, accompagnés d’une unité expéditionnaire de Marines. Leur déploiement représentait environ 8,6 millions de dollars par jour. Les unités logistiques faisaient grimper la facture d’un million supplémentaire quotidien.
La Maison Blanche a soutenu qu’il n’y avait pas de surcoût pour les contribuables, les forces concernées étant déjà déployées ailleurs dans le monde. Marco Rubio a souligné que ces troupes ne restent jamais inactives et qu’elles auraient été engagées sur un autre théâtre si elles n’avaient pas été présentes dans les Caraïbes.
Des analystes, cités par Bloomberg, rappellent néanmoins qu’aucune réserve budgétaire spécifique n’existe pour des opérations imprévues : toute action de cette nature implique mécaniquement des dépenses supplémentaires.