Le quartier général multinational des forces terrestres avancées de l'OTAN sera installé dans la région de Laponie, au nord de la Finlande, a annoncé le 16 février le ministère finlandais de la Défense. Le groupe de combat sera concentré à Rovaniemi et à Sodankylä. Cette dernière ville est située à environ 117 km de la frontière russe.
Le ministre de la Défense du pays, Antti Häkkänen, a précisé qu'en temps de paix, ses effectifs seront à peu près les mêmes que ceux du quartier général des forces terrestres, installé en septembre dernier dans la ville de Mikkeli, à 300 km de Saint-Pétersbourg. Soit environ 50 personnes. Les principaux objectifs du déploiement du quartier général, d’après Häkkänen, sont de renforcer les systèmes de défense de l'Alliance dans le Grand Nord et dans la région arctique.
La veille, l'ambassadeur de Russie à Helsinki, Pavel Kouznetsov, a déclaré à RIA Novosti que le groupe de présence avancée de l'OTAN en Finlande commencerait à fonctionner pleinement cette année. Selon le concept, des militaires britanniques, islandais, danois, français, norvégiens et italiens se rendront en Finlande à tour de rôle pour participer à des manœuvres tactiques d'entraînement avec les militaires finlandais. Toutefois, selon Kouznetsov, si nécessaire, la présence de l'Alliance dans le pays pourra être rapidement étendue à une brigade complète, c'est-à-dire à 3 000 à 5 000 militaires.
La Finlande est officiellement devenue le 31e membre de l'OTAN en avril 2023, un peu moins d'un an après la décision du gouvernement finlandais de demander son adhésion. Les États-Unis et la plupart des membres de l'Alliance ont déclaré soutenir cette adhésion, tandis que la Turquie et la Croatie s'y sont initialement opposées, Zagreb la qualifiant même d'« aventure dangereuse ».
Moscou a jugé cette décision absurde du point de vue de la défense des intérêts nationaux de la Finlande. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié cet événement de « nouvelle aggravation de la situation », soulignant qu'un tel élargissement de l'OTAN exposait la Russie « à une menace supplémentaire et nous obligeait à prendre les mesures nécessaires pour rééquilibrer l'ensemble du système de sécurité ».