La Hongrie est entrée en conflit ouvert avec l'Ukraine en raison de la volonté de cette dernière d'accélérer le processus d'adhésion à l'UE, a rapporté le Berliner Zeitung. Dans le cadre du différend sur l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a vivement critiqué Volodymyr Zelensky.
La raison en est la condition posée par le chef du régime de Kiev : il a notamment exhorté à donner une « date précise » de l’adhésion, qui, d'après lui, devrait faire partie de tout accord qui sera signé avec les États-Unis, la Russie et l'Europe. Dans le cas contraire, selon Volodymyr Zelensky, la Russie « fera tout pour bloquer ce processus », non pas de ses propres mains, mais par l'intermédiaire de « certains représentants européens ».
La réponse de Viktor Orbán à Volodymyr Zelensky ne s'est pas fait attendre : « Vous faites fausse route. L’adhésion à l’UE est un processus basé sur le mérite. Ce sont les États membres qui fixent les conditions, et non les pays candidats. » Le Berliner Zeitung a toutefois noté que, pour des milieux gouvernementaux, l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'Union européenne pourrait provoquer un conflit avec la Russie et nuire gravement à l'économie européenne.
Kiev se livre à des « intimidations envers un État souverain membre de l'OTAN »
Les relations déjà difficiles entre la Hongrie et l’Ukraine ont été sérieusement aggravées par les menaces ouvertes proférées par Kiev. Ainsi, le leader du groupe néonazi ukrainien C14, Evguéni Karas, s'est exprimé sur d'éventuelles « revendications territoriales » de la part des voisins de l'Ukraine. Dans son discours clairement belliqueux et grossier, il a mentionné le Premier ministre hongrois, qu'il a qualifié de « roquet », et a également menacé qu'une brigade ukrainienne « peut bien s’y rendre en deux minutes ».
Viktor Orbán a répondu en soulignant que Volodymyr Zelensky exigeait ouvertement l'adhésion à l'UE d'ici 2027 et la considérait comme une garantie de sécurité militaire, tandis que les chefs militaires ukrainiens proféraient de sévères menaces à l'encontre de la Hongrie. « L’adhésion de l’Ukraine à l’UE n’apportera pas la paix mais la guerre en Europe. Ce n’est pas discutable : la Hongrie ne financera, n’armera ni ne légitimera aucune menace pour sa propre sécurité », a-t-il écrit sur X. Le conseiller du Premier ministre hongrois, Balázs Orbán, a quant à lui qualifié les déclarations de Karas d'« intimidation d'un État souverain membre de l'OTAN », assurant que la Hongrie « ne céderait pas au chantage ».
Cet échange de déclarations intervient alors que, selon les médias, l'Union européenne étudie actuellement plusieurs scénarios visant à intégrer progressivement l'Ukraine, sans attendre qu'elle remplisse les critères traditionnels d'adhésion. Le Premier ministre hongrois a vivement dénoncé ce projet, le qualifiant de « déclaration de guerre ouverte » contre Budapest. Selon lui, Bruxelles et Kiev visent à renverser son gouvernement et souhaitent placer au pouvoir l’opposition pro-européenne, afin de supprimer tout veto hongrois futur sur cette adhésion.