Plus de quatre ans après la mort de Jeffrey Epstein, la version officielle est à nouveau remise en question. Dans une interview accordée au Telegraph et publiée ce 13 février, le pathologiste américain Michael Baden, présent lors de l’autopsie, affirme que le financier « a très probablement été étranglé, et non pendu ». Âgé de 92 ans, ce spécialiste reconnu avait été mandaté par la famille Epstein en tant qu’observateur.
Il affirme que trois fractures ont été relevées sur le cou du détenu : une sur l’os hyoïde et deux autres sur le cartilage thyroïdien. « Même une seule fracture doit faire envisager un homicide. Deux ou trois imposent une enquête approfondie », précise-t-il. En cinquante ans de carrière, Baden affirme n’avoir jamais vu un cas de suicide en prison avec ce type de blessures.
Le rapport d’autopsie, publié sous forme censurée, ne tranchait pas : la cause du décès était marquée comme « en attente », et les cases « suicide » et « homicide » restaient vides. Pourtant, cinq jours plus tard, la médecin-chef de New York Barbara Sampson concluait officiellement à un suicide par pendaison, sans avoir été présente lors de l’examen. Cette décision, jamais révisée depuis, avait déjà été contestée par les avocats d’Epstein à l’époque.
Caméras coupées, horaires flous, preuves déplacées
Les incohérences ne s’arrêtent pas à l’autopsie. Selon les documents consultés, le communiqué officiel annonçant la mort d’Epstein est daté du 9 août 2019… soit la veille de sa découverte dans sa cellule à 6h30 du matin. Le ministère américain de la Justice parle d’une « erreur de frappe », mais ce détail, ajouté à d’autres, nourrit la méfiance.
Les caméras situées près de la cellule ne fonctionnaient pas cette nuit-là. Les rondes de sécurité prévues à 3h et 5h n’ont pas eu lieu. Dans les fichiers déclassifiés fin janvier 2026, une vidéo montre aussi une silhouette orange montant les escaliers vers l’étage d’Epstein vers 22h39. Le FBI l’a signalée dans un rapport, sans pouvoir dire s’il s’agissait d’un détenu, d’un agent ou de quelqu’un d’autre.
Autre anomalie : le drap retrouvé dans la cellule, censé avoir servi à la pendaison, ne correspondrait pas aux marques visibles sur le cou du défunt. « Le tissu était trop lisse. Les blessures suggèrent un matériau complètement différent », indique Baden. Il ajoute que le corps a été déplacé vers l’infirmerie avant même l’arrivée des enquêteurs, ce qui est, selon lui, « très inhabituel ».
Une diversion médiatique et toujours aucune enquête
Certaines révélations vont encore plus loin. Selon le tabloïd britannique Daily Mail, qui cite des documents internes publiés dans le cadre des « Epstein files », une diversion aurait été organisée lors du transfert du corps. D’après une note d’entretien figurant dans ces fichiers, des agents pénitentiaires auraient placé des boîtes et des draps disposés pour imiter un corps humain dans un fourgon officiel. Ce véhicule, suivi par la presse, aurait permis de détourner l’attention, tandis que le véritable corps d’Epstein aurait été discrètement transféré dans un autre véhicule.
À ce jour, aucune heure de décès précise n’a été enregistrée, ce que Michael Baden considère comme une lacune majeure. Une note manuscrite a bien été retrouvée dans la cellule, mais n’a jamais été qualifiée de lettre de suicide.
Malgré la publication de plusieurs millions de documents par le département de la Justice, l’affaire reste classée. Le FBI et les autorités américaines continuent d’affirmer que Jeffrey Epstein s’est suicidé.