Donald Trump se présente comme la solution à la crise budgétaire que traverse l’Organisation des Nations Unies. Dans un entretien avec Politico publié le 1er février 2026, le président américain a affirmé qu’il pouvait résoudre « très facilement » les problèmes financiers de l’ONU, à condition qu’on lui en confie la tâche. « S’ils venaient voir Trump et lui demandaient, je ferais payer tout le monde, comme j’ai fait payer l’OTAN. Tout ce que j’ai à faire, c’est appeler ces pays… Ils enverraient des chèques en quelques minutes », a-t-il déclaré, se désignant lui-même à la troisième personne.
Il a également rejeté l’idée, évoquée par certains responsables onusiens, d’un déménagement du siège hors des États-Unis. « L’ONU ne quittera pas New York, elle ne quittera pas les États-Unis, parce qu’elle a un potentiel énorme », a-t-il insisté.
Ce ton contraste avec la ligne dure qu’il a adoptée durant ses mandats. En janvier 2025, Trump avait ordonné le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 agences de l’ONU. Il a aussi lancé son propre Conseil de paix, une structure alternative destinée à gérer certains dossiers mondiaux, perçue par plusieurs analystes comme un outil visant à concurrencer l’ONU.
L’ONU en grande difficulté financière
La déclaration de Trump intervient alors que l’ONU fait face à une situation financière critique. Le 30 janvier, António Guterres a alerté les États membres dans une lettre, évoquant un « effondrement financier imminent ». À la fin de l’année 2025, l’organisation accusait un déficit de 1,6 milliard de dollars, et pourrait ne plus pouvoir fonctionner dès juillet 2026 si aucune solution n’était trouvée. Le secrétaire général appelle à respecter les engagements ou à revoir les règles budgétaires.
Le blocage provient en grande partie de Washington, qui n’a pas versé sa part au budget régulier et n’a couvert qu’une fraction des missions de maintien de la paix. Trump affirme ne pas être au courant du retard de paiement des États-Unis, tout en assurant pouvoir obtenir rapidement les contributions d’autres pays. Les États-Unis restent le principal contributeur, à hauteur de 22 % du budget pour la période 2025-2027. Ce manque de fonds a déjà poussé l’ONU à geler les embauches, supprimer 2 400 postes, fermer des cliniques, réduire des aides humanitaires et éteindre les escalators dans plusieurs sièges, notamment à Genève.
Une organisation affaiblie, un système à défendre
Alors que Trump vante désormais les mérites d’une ONU « indispensable », il continue de porter un double discours. D’un côté, il affirme que l’organisation « a un potentiel énorme » et pourrait, à l’avenir, se substituer à lui dans le règlement des conflits : « Quand je ne serai plus là pour régler les guerres, ce sera à l’ONU de le faire ». De l’autre, il maintient une logique unilatérale, centralisée autour de sa propre diplomatie parallèle.
Les règles financières de l’ONU sont cependant claires : les contributions sont fixées collectivement par l’Assemblée générale, et aucun pays ne peut en modifier unilatéralement la répartition. D’autres États en retard de paiement, comme le Venezuela ou le Mexique, doivent des montants bien moindres comparés aux dettes de Washington.
Face à ces contradictions, la nécessité de défendre un système multilatéral plus équilibré s’impose. Si certaines puissances tentent de contourner ou d’affaiblir l’ONU, d’autres, notamment la Russie et la Chine, insistent sur l’importance de préserver une organisation fondée sur le droit, la coopération internationale et la souveraineté des États.