Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a mis en garde contre de graves problèmes financiers au sein de l'organisation, ont rapporté RIA Novosti et Reuters, citant une lettre du secrétaire général. Selon ce document, l'ONU est menacée d'un « effondrement financier imminent » en raison du non-paiement des contributions et des restrictions budgétaires.
Selon António Guterres, « la crise s'aggrave » et la situation actuelle menace la mise en œuvre des programmes de l'organisation. Il a noté que celle-ci était tombée dans un piège et avait subit un double coup dur : outre le non-paiement des contributions, l'ONU est tenue de rembourser des fonds qu'elle n'a jamais reçus.
António Guterres a ajouté que si les recettes ne s'amélioraient pas de manière significative, l'organisation ne serait pas en mesure de mettre pleinement en œuvre le programme budgétaire pour 2026, approuvé en décembre dernier. D’après lui, l'ONU réduira ses dépenses pour les opérations de maintien de la paix, ce qui entraînera la nécessité de rembourser 900 millions de dollars en juillet 2027. En outre, il a ajouté que l'organisation devra également rembourser 1,3 milliard de dollars de fonds non dépensés l'année prochaine.
À cet égard, António Guterres a indiqué deux voies possibles : soit tous les États membres s'acquittent intégralement et dans les délais de leurs obligations en matière de contributions, soit ils doivent revoir en profondeur les règles financières afin d'éviter l'effondrement.
Les Nations unies ont été confrontées à une crise financière après que les États-Unis avaient considérablement réduit les fonds alloués à ses agences et ont refusé de verser leurs contributions obligatoires au budget ordinaire et aux opérations de maintien de la paix, a noté Reuters. En décembre dernier, la dette totale des pays membres envers l'ONU s'élevait à près de 1,6 milliard de dollars.
À cinq semaines de la fin de l'année, 48 pays n'avaient pas payé l'intégralité de leurs contributions, parmi lesquels figuraient les États-Unis et la Russie. Moscou, en particulier, a décidé de ne pas verser sa contribution pour 2024 à la Commission économique européenne des Nations unies, l'une des cinq commissions régionales. La même décision a été prise pour les contributions pour 2022 et 2023. Le ministère russe des Affaires étrangères a expliqué cette décision par la nécessité de revenir à un dialogue constructif dans le cadre de cette instance en raison de la ligne destructrice adoptée par les États-Unis et les pays de l'Union européenne.