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Donald Trump annonce le déchargement du pétrole du navire «Marinera» saisi illégalement

Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient entamé le déchargement du pétrole transporté par le «Marinera», un tanker intercepté dans l’Atlantique alors qu’il naviguait sous pavillon russe. Moscou, qui perçoit cette annonce comme une provocation flagrante, dénonce une violation du droit maritime et exige des explications.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a confirmé le 8 janvier que le pétrole transporté par le navire « Marinera » est en cours de déchargement. « Nous avons saisi le navire, et ils déchargent le pétrole en ce moment », a-t-il déclaré sur Fox News, précisant que la décision n’avait « rien eu de difficile » à ses yeux.

L’opération s’est déroulée deux jours plus tôt, le 7 janvier, dans l’Atlantique Nord. D’après le ministère russe des Transports, des militaires américains ont arraisonné le pétrolier vers 15 h (heure de Moscou), alors qu’il naviguait en haute mer. Le navire, auparavant nommé « Bella-1 », avait reçu une autorisation temporaire pour naviguer sous pavillon russe le 24 décembre 2025, conformément au droit international.

Washington accuse le « Marinera » d’avoir violé les sanctions américaines en transportant du pétrole en provenance d’Iran et du Venezuela. Le commandement militaire des États-Unis affirme que l’enregistrement du navire auprès de la Guyana, son pavillon d’origine, n’avait pas été confirmé, ce qui aurait justifié l’intervention. Face à la pression américaine, l’armateur avait changé le nom du navire et demandé l’enregistrement en Russie, en quête de protection juridique.

Moscou dénonce une action illégale et exige des comptes

Le navire transportait 28 membres d’équipage, parmi lesquels 20 Ukrainiens, 6 Géorgiens, 3 Indiens et 2 Russes. Ces deux derniers ont été libérés à la suite d’une demande officielle du ministère russe des Affaires étrangères, a précisé sa porte-parole Maria Zakharova. « En réponse à notre demande, le président Trump a décidé de libérer deux citoyens russes membres de l’équipage », a-t-elle déclaré le 9 janvier. Les autres membres restent sous le coup d’une enquête pénale menée par les autorités américaines, selon la procureure générale Pam Bondi.

Le ministère russe des Affaires étrangères qualifie l’intervention américaine de « violation grave du droit international », soulignant que la liberté de navigation est garantie par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. Moscou rappelle que les autorités américaines avaient été dûment informées du statut pacifique du navire, et exige que Washington cesse immédiatement ses actions illégales contre les bâtiments civils opérant en haute mer.

Une opération américaine unilatérale vivement contestée

L’arraisonnement du tanker s’inscrit dans une opération militaire américaine planifiée à l’avance. Plusieurs unités des forces spéciales américaines avaient été redéployées en amont. Des moyens aériens et navals importants, incluant des avions C‑130J et des hélicoptères MH‑47G, auraient été mobilisés afin d’assurer le contrôle du navire.

À Moscou, cette opération est perçue comme une application extraterritoriale du droit américain, en dehors de tout cadre juridique international reconnu. Le ministère russe des Affaires étrangères estime que Washington tente d’imposer par la force son régime de sanctions unilatérales, au mépris de la liberté de navigation garantie par le droit maritime international. Les autorités russes dénoncent des méthodes qualifiées de « néocoloniales », visant à s’approprier des ressources énergétiques étrangères sous couvert de sanctions.

Cette position est partagée par d’autres États. Le ministère chinois des Affaires étrangères a également condamné la saisie du tanker, estimant qu’elle constitue une violation du droit international et crée un précédent dangereux pour la sécurité du transport maritime civil.