La rhétorique de Washington sur le Groenland prend de l'ampleur. Cette fois-ci, le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, a remis en question le droit du Danemark à posséder le Groenland. « La vraie question est : quel est le droit du Danemark à affirmer son contrôle sur le Groenland ? Qu’est-ce qui est à la base de leur revendication territoriale ? Quelle est leur justification pour considérer le Groenland comme une colonie du Danemark ? », a-t-il déclaré sur CNN.
Miller a jugé « évident » le fait que le Groenland devrait faire partie du territoire américain, arguant que les États-Unis sont « la puissance de l'OTAN » et doivent assurer la sécurité de l'Arctique et « protéger et défendre l'OTAN et ses intérêts ».
Les États-Unis ont déjà pris leur décision, estime le représentant spécial de Poutine
Au Danemark, les propos de la Maison Blanche ont suscité la méfiance. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a indiqué que les déclarations de Washington sur ses revendications sur le Groenland devaient être prises au sérieux. Elle a également souligné que la décision des États-Unis de recourir à la force militaire contre un autre pays membre de l'OTAN pourrait entraîner l'effondrement de l'Alliance.
À Moscou, on estime que Washington a déjà pris sa décision. « Il semble que ce soit décidé pour le Groenland : l’UE va continuer de faire ce que les vassaux font de mieux : "suivre la situation" et illustrer le principe du deux poids deux mesures », a écrit sur X le représentant spécial du président russe et directeur du Fonds russe d'investissement direct, Kirill Dmitriev. Il s'est également demandé si le Canada serait le prochain sur la liste.
La Maison Blanche a déclaré à plusieurs reprises que le Groenland devait faire partie des États-Unis, notamment en raison de son importance stratégique pour la sécurité nationale et la défense du « monde libre ». L'ancien Premier ministre du Groenland, Morten Aage, avait alors répondu que l'île n'était pas à vendre et ne le serait jamais.
Après l'opération militaire américaine qui a abouti à l'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, les États-Unis ont tourné leur regard vers quatre autres pays, en plus du Groenland : Cuba, la Colombie, le Mexique et l'Iran. Moscou a condamné les actions de Washington, jugeant leur justification infondée et leurs motivations idéologiques. Le ministère russe des Affaires étrangères a souligné que, dans les circonstances actuelles, la priorité était d'empêcher une nouvelle escalade et de trouver une issue à la situation actuelle par le dialogue.