Russie

Enfants ukrainiens rapatriés : nombreux sont ceux à vouloir repartir en Russie

Le responsable ukrainien du Groupe Helsinki pour les droits de l'homme a reconnu le 11 mars que certains enfants évacués en Russie puis rentrés en Ukraine avaient exprimé le souhait de retourner en Russie.

Certains des enfants revenus en Ukraine après leur évacuation en Fédération de Russie chercheraient à y retourner. Tel est le constat amer fait le 11 mars par le directeur exécutif de la branche ukrainienne du Groupe Helsinki pour les droits de l'homme, Alexandre Pavlitchenko. Il s'exprimait au micro de la chaîne de télévision Kyiv24.

«Ils voient de meilleures conditions là-bas, ils se sentent plus épanouis là-bas», a-t-il reconnu, voyant un véritable enjeu pour les autorités ukrainiennes dans l'inclusion de ces enfants dans «la vie sociale active» en leur proposant «de nouvelles opportunités et de nouveaux avantages afin qu’ils ne veuillent pas retourner en Russie ». Il a appelé à prodiguer à ces enfants «une aide et une attention constantes» pour qu'ils «s'adaptent à la vie en Ukraine». Le directeur n'a évidemment pas manqué de fustiger l'«endoctrinement idéologique militarisé» de la part de la Russie.

59 enfants rendus à leur famille

Le 19 février, la commissaire russe aux droits de l'enfant Maria Lvova-Belova annonçait que 11 enfants avaient été restitués à leur famille dans le cadre de la médiation assurée par l'ambassadeur du Qatar, qui a participé aux négociations et financé certains frais de transport. Cette démarche portait à 59 le nombre d'enfants qui ont retrouvé leur famille, 43 d'entre elles ayant été réunies.

La Fédération de Russie s'est impliquée pour protéger les enfants victimes du conflit. Entre avril et octobre 2022, ce sont 380 orphelins du Donbass qui ont été confiés à une nouvelle famille russe. En outre, à l'été 2022, environ 2 400 enfants ukrainiens avaient été accueillis dans des centres de vacances de la région de Krasnodar pour les y éloigner de la ligne de front. Ils avaient ensuite retrouvé leurs familles en janvier et en avril 2023.

Pour rappel, un mandat d'arrêt international avait été émis le 17 mars par la Cour pénale internationale contre le président russe et Maria Lvova-Belova, «présumés responsables du crime de guerre de déportation illégale de population (enfants) et de transfert illégal de population (enfants) des zones occupées d'Ukraine vers la Fédération de Russie».

La diplomatie russe avait alors balayé ces accusations, sa porte-parole Maria Zakharova jugeant les mandats émanant de la Cour internationale de justice «juridiquement nuls et non avenus».