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Irak: coup d'envoi des négociations avec Washington sur le retrait progressif des troupes étrangères

Le Premier ministre irakien a donné ce 27 janvier le coup d'envoi du «premier round» de discussions avec Washington portant sur l'avenir de la coalition antijihadistes, Bagdad espérant une «réduction progressive» des soldats étrangers sur son sol.

Le Premier ministre «parraine le lancement du premier round du dialogue bilatéral entre l'Irak et les Etats-Unis pour mettre fin à la mission de la coalition internationale en Irak», a fait savoir le gouvernement irakien ce 27 janvier.

Les services de Mohamed Chia al-Soudani ont publié une photo montrant le chef du gouvernement en réunion avec des hauts gradés des forces de sécurité irakiennes et des militaires de la coalition assemblée en 2014 par Washington pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI).

Washington avait confirmé l’avant-veille le lancement de «groupes de travail d'experts composés de professionnels militaires et de la défense», dans le cadre d'une «commission militaire suprême» établie en partenariat avec Bagdad.

«Trois facteurs clés» seront examinés, selon le Pentagone: «la menace de l'EI, les exigences opérationnelles (...) et le niveau des capacités des forces de sécurité irakiennes».

La porte-parole adjointe du ministère de la Défense, Sabrina Singh, avait reconnu que la taille des effectifs militaires américains en Irak ferait «certainement partie des discussions à mesure que les choses progressent».

«Une réduction progressive et étudiée»

Car pour Bagdad l'objectif sera de «formuler un calendrier précis déterminant la durée de la présence des conseillers de la coalition en Irak» et d'initier «une réduction progressive et étudiée» de leur nombre, selon la diplomatie irakienne.

L'initiative intervient dans un contexte régional explosif. Depuis la mi-octobre, plus de 150 frappes de drones ou tirs de roquettes ont visé les soldats américains et ceux de la coalition, en Irak et en Syrie, répercussion directe de la guerre à Gaza entre Israël, allié de Washington, et le Hamas palestinien, soutenu par Téhéran.

La plupart de ces attaques ont été revendiquées par la « Résistance islamique en Irak », nébuleuse de combattants issus des groupes armés pro-Iran, mais aussi affiliés à l’armée irakienne. Vendredi 27 janvier, ce groupe s'est engagé à poursuivre ses attaques.

Les Etats-Unis déploient environ 2 500 soldats en Irak et près de 900 en Syrie voisine, engagés au sein de la coalition internationale.