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Choïgou : «Les menaces à la sécurité militaire de la Fédération de Russie se sont multipliées»

Lors d'une réunion du Collège du ministère de la Défense le 9 août, le ministre a averti en substance d'une aggravation des risques pour le pays.

«L'Occident collectif mène une guerre par procuration contre la Russie, apportant un soutien sans précédent au régime fantoche de Kiev» : ce 9 août lors de la réunion du Collège du ministère de la Défense, Sergueï Choïgou a peint un contexte stratégique notablement dégradé pour la Fédération de Russie.

Une situation appelant, selon lui au «renforcement simultané des troupes des forces armées de la Fédération de Russie à nos frontières occidentales», et à la «création des districts militaires de Leningrad et de Moscou».

Faisant l'inventaire de l'aide militaire reçue par l'Ukraine depuis le mois de février 2022 qu'il a estimée à «plus de 160 milliards de dollars». Un chiffre qui correspond à celui du Kiel Institute, un think tank allemand, dans sa mise à jour du 6 juillet dernier.

«Les Etats-Unis poussent à l'escalade militaire»

Washington pousse «à l'escalade», a-t-il pointé, provoquant la fourniture d'armes «à plus longue portée et plus meurtrières» par ses alliés, notamment les missiles Storm Shadow britanniques introduits dans le conflit en mai dernier, ou encore les armes à sous-munitions, «interdites par les conventions internationales». Des livraisons rendant les Etats-Unis coupables de «crime de guerre» selon le ministre.

Aussi a-t-il fait allusion à la livraison d'avions de combat F-16 prévue pour le printemps prochain. A l'annonce de cette décision début juillet, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait alerté que Moscou la considérait comme une «menace nucléaire de l'Occident envers la Russie» qui «pourrait entraîner des conséquences catastrophiques», ces appareils ayant la capacité de transporter des charges nucléaires.

Un quasi-doublement des frontières terrestres avec l'OTAN

L'élargissement du bloc otanien, avec l'adhésion récente de la Finlande et, prochainement, celle de la Suède, a été dénoncé. «Après l'adhésion d'Helsinki à l'alliance, la frontière terrestre de la Russie avec les pays du bloc a presque doublé», a souligné Choïgou, avant d'ajouter : «les menaces à la sécurité militaire de la Fédération de Russie se sont multipliées dans les directions stratégiques ouest et nord-ouest».

Pour le flanc ouest, l'inquiétude des Russes vient de la militarisation active de la Pologne, «devenue le principal instrument de la politique antirusse des États-Unis d'Amérique», toujours selon le ministre. Faisant écho aux récentes déclarations de Vladimir Poutine selon lesquelles «si les Polonais venaient à Lvov, ils y resteraient, et pour toujours», le ministre de la Défense a rapporté le renforcement actuel de l'armée polonaise :«apparemment pour assurer la sécurité de l'ouest de l'Ukraine mais, en fait, pour l'occupation ultérieure de ce territoire», a-t-il affirmé.

Au total, a-t-il résumé, «ce sont 360 000 hommes qui ont été déployés aux frontières occidentales russes».

Le sommet annuel de l'OTAN s'est tenu les 11 et 12 juillet 2023 à Vilnius. Le conflit en Ukraine y était à l'ordre du jour. Ses membres se sont accordés sur un élargissement de la coalition antirusse avec l'ajout des deux pays nordiques susmentionnés et de nouvelles livraisons d'armes au profit de l'Ukraine.