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Helsinki négocie avec Washington un accord de défense, Zakharova prévient de mesures de rétorsion

La porte-parole de la diplomatie russe a déclaré que Moscou réagirait à un éventuel déploiement de moyens militaires américains en Finlande. Ce voisin de la Russie, qui vient de rejoindre l’OTAN, négocie un accord de défense avec Washington.

Des soldats américains bientôt aux portes de la Russie ? Helsinki et Washington négocient depuis plusieurs mois un accord de coopération en matière de défense (DCA). Selon le quotidien Helsingin Sanomat, cet accord bilatéral de coopération militaire ouvrirait à l’armée américaine l’accès au territoire et aux bases finlandaises.

«L'accord DCA permet aux troupes d'entrer dans le pays, de rester sur le terrain, de stocker du matériel et d’investir dans des infrastructures grâce à des fonds accordés par le Congrès américain au Pentagone», détaille le directeur adjoint du département politique du ministère finlandais des Affaires étrangères, Mikael Antell, auprès du média, dans un article paru le 1er mai.

Une perspective qui a fait réagir Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, qui estime également que cet accord serait une preuve de la perte de souveraineté de la Finlande. «Nous confirmons que la Fédération de Russie sera forcée de prendre des mesures de rétorsion, à la fois militaro-techniques et d'autre nature, afin de mettre fin aux menaces à notre sécurité nationale qui surgissent à cet égard», a-t-elle de surcroît ajouté lors d’un point presse ce 3 mai.

La Finlande, 31e membre de l'OTAN

Le 4 avril, suite à un rapprochement avec l’OTAN ces dernières années, ce pays nordique qui partage près de 1 300 kilomètres de frontière avec la Russie est devenu le 31e membre de l’Alliance atlantique. Cette adhésion, faisant suite à l’opération militaire russe, constitue une rupture avec plusieurs décennies d’une politique de neutralité adoptée par Helsinki après la défaite de l’Allemagne nazie.

Début avril, lors de l’entrée de la Finlande au sein de l’Alliance atlantique, la présidence russe avait annoncé qu’elle ne resterait pas sans réagir face à ce nouvel élargissement de l’OTAN à ses frontières occidentales. «Cela nous expose à une menace supplémentaire et nous oblige à prendre les mesures nécessaires pour rééquilibrer l’ensemble du système de sécurité», avait déclaré à la presse, le 4 avril, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Ce dernier, tout comme aujourd’hui son homologue du ministère des Affaires étrangères, n’avait pas donné plus de détails.

A l’instar de son voisin suédois, qui espère également rejoindre à brève échéance les rangs de l’OTAN, la Finlande est un soutien militaire et financier de l'Ukraine. Peu avant sa défaite électorale en avril dernier, la Première ministre finlandaise Sanna Marin s’était dite ouverte à discuter de la fourniture d’avions de combat F/A-18 Hornet. Volodymyr Zelensky s’est d’ailleurs rendu en visite surprise à Helsinki, ce 3 mai, où il a rencontré le président finlandais Sauli Niinisto et assisté à un sommet regroupant les chefs de gouvernement des pays nordiques.