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La Défense russe accuse Kiev d'avoir ciblé des navires participant aux exportations de céréales

Selon la Défense russe, la marine de Sébastopol aurait réussi à déjouer une attaque de drones qui visait des bâtiments russes participant aux exportations de céréales ukrainiennes. Aucun blessé ne serait à déplorer.

Le gouverneur de Sébastopol, Mikhaïl Razvozjaïev, a publié ce 29 octobre sur Telegram un message dans lequel il explique qu'une attaque de drones visant la flotte russe au large de la ville a été repoussée dans la matinée. Selon l'armée russe, les navires attaqués participaient aux exportations de céréales ukrainiennes.

Personne n'aurait été blessé mais la Défense russe, qui a dénoncé une «attaque terroriste», rapporte des «dégâts mineurs» sur un navire militaire. Comme l'explique l'agence Tass, l'armée russe a imputé cette attaque à l'Ukraine.

Tous les drones ont été détruits

«Cette nuit a eu lieu l'attaque la plus massive de drones et de véhicules de surface pilotés à distance sur les eaux de la baie de Sébastopol dans l'histoire du conflit», a commenté le haut responsable russe, cité par Tass.

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«Pendant plusieurs heures, ce 29 octobre, à partir de 4h30, divers systèmes de défense aérienne à Sébastopol ont repoussé des attaques de drones. Tous les drones ont été détruits», a par ailleurs décrit le gouverneur, selon qui aucune infrastructure civile n'a été touchée, à part une vitre du foyer de l'Ecole professionnelle d'art de Sébastopol, qui aurait explosé «à cause d'un bruit fort». «A l'heure actuelle, le bilan est le suivant : en plus des drones [aériens], selon les informations préliminaires, nos militaires ont également abattu un drone de surface dans la zone d'eau», a-t-il poursuivi. 

Au total, neuf drones aériens et sept drones maritimes autonomes auraient été impliqués dans l'attaque, selon le ministère russe de la Défense, cité par Tass. «Il convient de souligner que les navires de la flotte de la mer Noire qui ont fait l’objet de l’attaque terroriste participent à la sécurisation du couloir céréalier dans le cadre de l’initiative internationale pour les exportations de produits agricoles depuis les ports ukrainiens», a par ailleurs précisé le porte-parole du ministère russe de la Défense. «La préparation de cet acte terroriste et la formation du personnel militaire du 73e centre ukrainien des opérations maritimes spéciales ont été menées par des spécialistes britanniques basés à Otchakov, dans la région de Nikolaev en Ukraine», a également accusé Igor Konachenkov. La Défense britannique a immédiatement réagi, estimant qu'il s'agissait là d'une «diffusion de fausses affirmations d'une ampleur épique». 

La Crimée sous haute tension

L'événement a donné lieu à la fermeture de l'espace aquatique, a fait savoir Mikhaïl Razvozjaïev, précisant que tous les services de la ville étaient en état d'alerte.

Deux jours plus tôt, les autorités locales avaient rapporté une attaque de drone sur la centrale de Balaklava à l'origine d'un départ de feu dans l'un des transformateurs, qui était en maintenance et ne fonctionnait pas.

La Crimée, rattachée à la Russie en 2014 après un référendum basé sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et jugé «illégal» par Kiev et ses alliés occidentaux, est en première ligne de l'intervention russe en Ukraine depuis fin février. Le pont de Crimée reliant la péninsule au reste de la Fédération de Russie a été endommagé par l’explosion d’un camion piégé le 8 octobre, attentat qui a été qualifié par le président russe Vladimir Poutine d'«acte terroriste» et imputé par les services de sécurité russes (FSB) aux services secrets ukrainiens, tandis que Kiev a nié son implication.

«Nous n'avons absolument rien commandé de tel, pour autant que je sache», a déclaré le 19 octobre le président ukrainien Volodymyr Zelensky au sujet de l'explosion du 8 octobre qui, au-delà des dommages matériels qu'elle a causés, a tué trois personnes sur le coup.