France

«Tout raser», «repeupler autrement» : Manuel Valls défraie la chronique au sujet de Marseille

L'ancien Premier ministre Manuel Valls a fait une première déclaration fracassante en tant qu'éditorialiste sur RMC. Evoquant les problèmes des cités de Marseille, il propose de «tout reconstruire» et de «repeupler autrement ces quartiers».

Manuel Valls n'aura pas mis longtemps à créer la polémique dans son nouveau costume de chroniqueur de la matinale de RMC. Le 1er septembre, en évoquant le fait qu'on le renvoie «toujours» à son passé de Premier ministre, Manuel Valls a reconnu une «part d'échec collective» sur la situation des quartiers au sein de Marseille.

S'il a admis que la cité phocéenne «était belle», il a malgré tout considéré qu'il fallait «tout reprendre à zéro» sur la ville. En effet, pour lui, «les quartiers – ce qu'on appelle les banlieues en Ile-de-France – sont au cœur de la ville, marquée évidemment par la pauvreté, les inégalités, la violence et l'insécurité». Ainsi, il a analysé que «là-bas, il [fallait] tout raser». «Il faut tout reconstruire, il faut repeupler autrement ces quartiers», a-t-il asséné.

«Mais ça demande une volonté, une grande puissance de l'Etat et une coopération avec les élus», a conclu l'ancien leader socialiste, proche de La République en marche.

Des propos qui n'ont pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. Le maire de Béziers, proche du Rassemblement national, Robert Ménard s'est lui-même offusqué du propos de Manuel Valls en faisant un parallèle avec un ancien dictateur roumain : «En gros, pour Manuel Valls, c'est la méthode Ceaușescu !»

L'oratrice de La France insoumise, Sarah Legrain, qualifie pour sa part Manuel Valls de «Grand-Remplaceur», une allusion au «grand remplacement», théorie controversée reprise par une partie de la droite.

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L'ancien élu de Barcelone a néanmoins reçu quelques soutiens, comme celui du président du Printemps républicain, Amine El-Khatmi. Selon lui, Manuel Valls «a raison» : «Si vous connaissiez les habitants de ces quartiers, vous sauriez qu’ils se plaignent de l’absence de mixité culturelle et sociale. Des écoles avec 90% d’enfants venant de familles arabo-musulmanes ne sont une chance que pour ceux qui n’y scolarisent pas les leurs.»