France

«C'est écrit d'avance» : Mélenchon évoque un «grave incident» juste avant la présidentielle

Le leader des insoumis Jean-Luc Mélenchon a livré ses prédictions pour 2022 : un nouveau candidat «sorti du chapeau» par le «système oligarchique» et la crainte d'un grave incident juste avant l'élection pour «montrer du doigt les musulmans».

Lors de son intervention ce 6 juin sur France Inter dans l'émission hebdomadaire Questions politiques, Jean-Luc Mélenchon a été amené à commenter plusieurs sujets d'actualité mais aussi à s'exprimer sur l'élection présidentielle de 2022.

L'occasion pour le leader de La France insoumise d'indiquer qu'il souhaitait qu'Emmanuel Macron se représente, car cela permettrait d'évaluer son bilan. Sans quoi, il a estimé que le «système oligarchique» façonnerait un candidat similaire : «Sinon, on nous sort un autre petit Macron du chapeau, [...] on ne sait pas qui c'est, pouf, il se fait élire président. C'est le système qui l'invente. La dernière fois, Macron est arrivé au dernier moment. Là, ils vont peut-être en trouver un autre.»

«Mais à chaque fois ils en trouvent un, dans tous les pays du monde on a élu des petits Macron. Il s'appelait Macri en Argentine ; c'était un comédien en Uruguay ; c'était en Ukraine un type qui jouait dans une série de télévision», a encore argumenté le chef des insoumis, avant d'approfondir ses prédictions.

«Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident, ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012, ça a été l’attentat sur les Champs Élysées [du 20 avril 2017]. Vous vous rappelez de tout ça ? […] Tout ça, c'est écrit d'avance, nous aurons l'événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d'inventer une guerre civile, c'est bateau tout ça», a alors poursuivi le député.

Des propos qui ont fait réagir ses détracteurs sur le réseau social Twitter. «Après Merah en 2012, puis l'assaillant des Champs-Elysées en 2017, on se demande quels assassins le "système" va envoyer en 2022 pour garantir la réélection de Macron en commettant un attentat», a ainsi ironisé le médiatique philosophe Raphaël Enthoven.

«Pour Jean-Luc Mélenchon, l’attaque terroriste antisémite contre l’école Ozar Hatorah de mars 2012 est un "grave incident prévu d’avance". Nous connaissions le penchant antisémite de Jean-Luc Mélenchon, on découvre maintenant son penchant complotiste. L’indécence toujours poussée plus loin», a quant à elle estimé Noémie Madar, présidente de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).

«Ça s’arrange pas... un an en roue libre ça va être très, très long» a pour sa part commenté le haut fonctionnaire Gilles Clavreul, ancien délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

«Quand on manie ainsi la démagogie, on ne peut prétendre à devenir président de la Republique», a fustigé la cheffe du groupe PS à l'Assemblée Valérie Rabault, jugeant inacceptable de «réduire les atrocités des attentats de Montauban et Toulouse en 2012 à de la machination électorale».

«On est vraiment au-delà de la honte», a aussi réagi la LREM Aurore Bergé sur Twitter.

«Les complotistes anticomplotistes sont de sortie. Ils nient que les assassins font leur coup au moment qui fait parler d'eux. Propos ineptes. À moins que ce soit pour les couvrir», a répondu Jean-Luc Mélenchon, sur le même réseau social, citant comme source d'inspiration un article du Figaro sur «les attentats et faits divers qui ont bouleversé les campagnes présidentielles».