France

Un 1er-Mai aux airs de pré-campagne présidentielle ?

De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, les politiques se sont positionnés sur le traditionnel mouvement social du 1er-Mai. Comme si 2022 se jouait déjà un peu dans la rue... à un an de l'échéance.

Le 1er-Mai est une date symbolique pour le monde du travail, un moment où manifestations et mouvements sociaux entretiennent la flamme des revendications. Les politiques peuvent difficilement rester à l'écart de cet événement traditionnel.

Comme de coutume au RN, la mobilisation se tenait devant la statue de Jeanne d'Arc, située face au Louvre à Paris. Se disant «convaincue d'être élue en 2022», Marine Le Pen a fustigé le «bilan dramatique» de l'actuel président de la République : «Si Emmanuel Macron, pour le plus grand malheur de la France, était amené à effectuer un deuxième mandat, le chaos serait absolument général. Ce serait le saccage social, celui qu'il n'a pas totalement réussi à mettre en œuvre [...] ce serait la purge fiscale [...] ce serait la continuation de la vente à la découpe de la France et de nos grands groupes industriels [...]. Nous venons de vivre quatre ans de chaos, de désunion, de fragmentation. C'est un mandat de violence, particulièrement à l'égard du peuple français.»

Le matin du 1er mai, le leader de La France insoumise et candidat à l'élection de 2022 Jean-Luc Mélenchon a tenu un meeting avant le début du cortège lillois, avec les mêmes ambitions présidentielles que Marine Le Pen : «Je souhaite que le 1er mai 2022, je revienne vous voir comme président de la République, ayant rétabli les huit heures de travail, ayant rétabli les 35 heures et ayant rétabli la retraite à 60 ans.»

Jean-Luc Mélenchon aurait fait bande à part à Lille, laissant plusieurs leaders de gauche se réunir de leur côté. «Ici, c'est le 1er-Mai, c'est pas la fête à Mélenchon. On est là pour soutenir les travailleurs. S'il veut nous voir, il sait où on est», s'est par exemple agacée la maire socialiste (PS) de Lille Martine Aubry, dans des propos rapportés par l'AFP.

Lui aussi présent à Lille avant de rejoindre la mobilisation parisienne, le candidat communiste (PCF) à la présidentielle, Fabien Roussel, a tenu à défendre «les travailleurs, ceux qui ont été en première et seconde lignes [face au Covid-19]» face aux «milliardaires [...] restés dans leur château», ajoutant qu'il «n'est plus supportable aujourd'hui de travailler dans des conditions indignes» et de ne «pas pouvoir vivre dignement de son travail». Fabien Roussel «espère» qu'avec ce 1er-Mai, un «regain» aura lieu. Celui-ci doit, selon lui, «se poursuivre [...] pour demander l'arrêt des délocalisations et [défendre des] hausses de salaire».

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, était à Paris «pour la conquête de nouveaux droits et combattre les réformes de l’assurance-chômage et des retraites». «Au moment où Biden sort des années Reagan, Macron nous y entraîne», a-t-il déploré. 

L'eurodéputé écologiste (EELV) Yannick Jadot était pour sa part avec les salariés de FerroPem, en Savoie, dont plus de 350 sont menacés de licenciement. Un rassemblement qui, comme le rappelle Yannick Jadot, avait lieu dans la commune de naissance du fondateur de la sécurité sociale, Ambroise Croizat. «La transition écologique ce n’est pas seulement le climat et la biodiversité, c’est également réindustrialiser notre pays», a ajouté Yannick Jadot.

Le conseiller régional d'Ile-de-France Joffrey Bollée (parti Les Patriotes) était aussi dans les rues parisiennes. «Une mobilisation remarquable pour la Liberté !», s'est-il exclamé.

L'ancien député macroniste Aurélien Taché, désormais membres des Nouveaux démocrates, a participé à la mobilisation parisienne «pour les droits des travailleurs et travailleuses».

Du côté de La République en marche, nombre de ses membres ont préféré entamer la campagne pour les prochaines élections régionales, à l'instar de la ministre Marlène Schiappa. 

Chez Les Républicains, le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand a rappelé à Fourmies que «le 1er mai 1891, neuf personnes sont tombées sous les balles parce qu’elles réclamaient la journée de huit heures». «Ici, en Hauts-de-France, région qui a vu naître la révolution industrielle, nous savons plus qu’ailleurs que le développement économique doit être synonyme de progrès social», a-t-il ajouté.

Les cortèges ont rassemblé plus de 170 000 manifestants, selon la CGT, dont 25 000 à Paris. Le ministère de l'Intérieur a, lui, fait état de 10 650 manifestants en France, dont 17 000 dans la capitale.