France

Les agriculteurs crient leur colère à Clermont et à Lyon, le ministre accepte de les recevoir

Plusieurs actions coup de poing ont été réalisées à Lyon et à Clermont par des milliers d'agriculteurs. Ils demandent notamment une rémunération plus juste, dénonçant ainsi la loi Egalim. Julien Denormandie les recevra prochainement.

Les agriculteurs sont en colère et l'ont une nouvelle fois fait savoir le 25 mars dans plusieurs villes françaises. Selon France 3, ils étaient près de 2 500 avec 500 tracteurs à s'être réunis à Clermont-Ferrand. 

Le principal syndicat de la profession, la FNSEA, et les Jeunes agriculteurs ont soutenu ce mouvement, dénonçant dans un communiqué publié par la chaîne de télévision : «D’un côté, la loi Egalim qui depuis plus de deux ans ne donne pas les résultats escomptés avec des prix agricoles largement inférieurs aux coûts de production. Elle doit être renforcée lourdement. De l’autre, une réforme de la PAC [politique agricole commune] dont les premières propositions du ministère visent à soutenir les hectares au lieu des hommes. En outre, la position sur les aides couplées fragilise encore plus l’élevage allaitant.» 

Les agriculteurs se sont réunis dès la fin de matinée dans le centre-ville, place de Jaude. Selon une journaliste sur place, la situation était «tendue aux abords de la préfecture», avec l'«arrivée de CRS en renfort».

Quelques affrontements avec les forces de l'ordre ont eu lieu. Des tirs de gaz lacrymogène ont été effectués pour disperser les protestataires. 

Les manifestants ont ensuite progressivement quitté les lieux après avoir appris que le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, les recevrait en début de semaine prochaine.

«Opérations escargot» à Lyon

A Lyon, dans le même temps, Le Progrès a constaté des «opérations escargot sur les axes autoroutiers rejoignant Lyon». Selon BFM Lyon, plusieurs centaines de tracteurs sont arrivés place Bellecour, le cœur de ville, en fin de matinée. Plus tôt, Le Progrès avait fait savoir que de la paille et du fumier avaient «été déposés dans un square situé devant la préfecture du Rhône par les agriculteurs en colère à leur passage pour rejoindre la place Bellecour».

Interrogé par l'agence de presse agricole Apasec, le président de la FDSEA du Rhône, Pascal Girin, explique vouloir notamment une «obligation de la prise en compte des coûts de production pour le paiement de nos produits dans nos exploitations» et dit s'inquiéter de la réforme de la PAC. «Nos exploitations n'ont pas la capacité à se passer des aides européennes», a-t-il indiqué.

Les éleveurs estiment en effet que le prix de la viande payé aux producteurs est trop bas et réclament le maintien des aides européennes, alors que les consultations sont en cours sur la future PAC (Politique agricole commune). 

La loi Alimentation (dite Egalim et adoptée en 2018) s'était également fixé pour ambition de permettre aux producteurs de mieux établir leurs prix en fonction de leurs coûts. La loi prévoyait d'encadrer plus fortement les promotions et de relever le seuil de revente à perte en grandes surfaces. La promesse est non tenue, selon les agriculteurs.