France

La présidente de l'UNEF reconnaît des réunions non-mixtes, sans blancs

Interviewée par Sonia Mabrouk sur Europe 1, la présidente de l'UNEF Mélanie Luce a confirmé l'existence de réunions de discussion non-mixtes sur le racisme excluant les blancs, précisant qu'aucunes décisions n'y étaient prises.

La présidente de l'UNEF Mélanie Luce s'est retrouvée dans une position délicate en raison des actions et des prises de position de son syndicat étudiant ou de certains de ses membres au cours d'une interview le 17 mars sur Europe 1. Face à Sonia Mabrouk, elle a ainsi dû s'employer à justifier la tenue de réunions non-mixtes au sein de l'UNEF.

«Les réunions qui s'organisent dans l'UNEF en non-mixité, effectivement il y en a avec les femmes», a-t-elle tout d'abord admis, avant d'être relancée par la journaliste concernant les blancs.

«Quand on est une femme, on subit des discriminations. Donc on organise des réunions pour permettre aux femmes d'exprimer les discriminations qu'elles peuvent subir», reprend Mélanie Luce avant d'étayer son propos : «On organise aussi des réunions pour permettre aux personnes qui sont effectivement touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu'elles subissent.»

«Ca ne veut pas dire que ce sont des réunions dans lesquelles on prendrait des décisions», justifie Mélanie Luce, qui sous-entend que seuls les «racisés» ont accès à celles-ci. «Dans l'UNEF, on considère que la lutte contre le racisme doit se faire avec à la fois des personnes blanches et des personnes non-blanches», déclare-t-elle ensuite. 

De nouveau interpellée par Sonia Mabrouk, qui insistait pour savoir s'il y avait donc bel et bien des réunions où les blancs n'étaient pas admis, la syndicaliste a souri sans répondre par oui ou non, avant de dire que «cela a déjà été expliqué». Tenace, Sonia Mabrouk a ensuite poussé Mélanie Luce à confesser qu'effectivement une telle pratique existait. «Pourquoi trouvez-vous cela problématique qu'il y ait des réunions de personnes qui s'organisent et qui discutent simplement de la discrimination qu'elles subissent quand ce sont des personnes qui sont racisées et pas quand ce sont des femmes ?», questionne alors Mélanie Luce. «La non-mixité n'est donc pas une discrimination à vos yeux, on l'entend ce matin», rétorque la journaliste.

Au cours de la même interview, Sonia Mabrouk a demandé à Mélanie Luce, après que cette dernière a confirmé qu'elle dénonçait «bien sûr» toute forme de racisme, si l'UNEF dénonçait le racisme antiblanc. Mélanie Luce a alors répondu par plusieurs questions rhétoriques : «Est-ce que vous considérez qu'il y a un racisme organisé ? Est-ce que vous considérez que quand on est blanc aujourd'hui, on ne peut pas accéder à un emploi, à un logement...».

Sonia Mabrouk a alors rappelé que plusieurs membres de l'UNEF avaient envoyé des tweets méprisant à l'égard des blancs lors de l'incendie de Notre-Dame. Mélanie Luce a reconnu qu'il pouvait «y avoir des discriminations subies par des personnes blanches». «Dans ce cas-là, c'est effectivement inacceptable».

«La différence sur les termes [...] c'est qu'aujourd'hui les personnes qui vivent du racisme au quotidien, qui dans leur vie, ne peuvent pas accéder à un emploi, [...] ce sont des personnes qui ne sont pas blanches», poursuit-elle. «Ce mot racisme d'antiblanc, d'où il vient ? Il vient au départ de Jean-Marie Le Pen», a-t-elle dit pour contester le concept de «racisme antiblanc».

S'oppose-t-elle aux tweets passés de membres de l'UNEF à l'encontre des blancs ayant fait polémique ? Mélanie Luce assure les avoir «déjà dénoncés».

Une partie de la droite demande la dissolution de l'Unef

Après cet entretien qui a fait réagir tous les bords, de nombreux responsables politiques de droite ont appelé ou renouvelé leur souhait de voir l'Unef dissoute.

C'est le cas par exemple du député Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes Eric Ciotti qui y voit «un mouvement clairement antirépublicain devenu l’avant garde de l’islamo-gauchisme».

Dans la même veine, l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy demande la dissolution «pour mettre fin à cette dérive raciste assumée».

L'eurodéputé du Rassemblement national Gilbert Collard estime pour sa part que les réunions interdites aux blancs sont «une raison suffisante pour dissoudre ce syndicat qui par une forme de haine raciste empêche tout "vivre ensemble"».