France

Thierry Solère suspecté d’avoir détourné 167 000 euros de frais de mandat

Le député LREM des Hauts-de-Seine Thierry Solère est suspecté d’avoir détourné 167 000 euros de frais de mandat, selon Mediapart.

Selon Mediapart, le député LREM (La République en marche) des Hauts-de-Seine Thierry Solère est suspecté par la justice d’avoir détourné 167 000 euros de frais de mandat pour des dépenses sans lien avec son activité parlementaire.

D'après le média, le parquet de Nanterre aurait pris le 14 décembre 2020 un réquisitoire supplétif pour demander aux juges d’instruction chargés de l’affaire d’élargir le périmètre de leurs investigations et d’enquêter sur des faits présumés de «détournement de fonds publics par personne dépositaire de l’autorité publique». Ce délit est passible de dix ans d’emprisonnement et d’une amende d’un million d’euros.

La justice suspecterait Thierry Solère, député des Hauts-de-Seine depuis 2012, d’avoir utilisé pendant plusieurs années son indemnité mensuelle représentative de frais de mandats (IRFM) de 5 373 euros pour engager des dépenses personnelles sans lien avec son activité de parlementaire. Il serait soupçonné d’avoir utilisé 167 000 euros d’argent public pour des dépenses de loisirs, les frais de scolarité de ses enfants ou des retraits en liquide sans justificatifs.

Une enquête judiciaire ouverte en 2019

Interrogé par Mediapart sur ces accusations, Thierry Solère conteste formellement tout abus d’usage de son enveloppe relative aux frais de mandat. «Je vous confirme avoir utilisé l’indemnité conformément aux règles en vigueur», s’est-il défendu, en indiquant toutefois avoir procédé, «de manière unilatérale» et «sous l’angle de la déontologie», «au remboursement de quelques dépenses». 

En décembre 2019, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a transmis à la justice les dossiers de 15 parlementaires de la précédente mandature, dont Thierry Solère, pour suspicions d'usages irréguliers de l'IRFM.

A la suite de ces signalements, des enquêtes préliminaires du Parquet national financier (PNF) ont été ouvertes, visant notamment Thierry Solère, mais aussi la sénatrice PS Frédérique Espagnac, le sénateur LR Marc-Philippe Daubresse, l'ancien patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, le sénateur centriste Yves Détraigne ou encore l'ancienne députée PS Sandrine Mazetier. Le PNF s'est finalement dessaisi du cas de Thierry Solère au profit du parquet de Nanterre, précisait l'AFP le 10 mars. 

En 2019, une information judiciaire avait par ailleurs été ouverte contre le député LREM notamment pour fraude fiscale et trafic d'influence passif. Le député et ses avocats avaient contesté ces accusations.

Thierry Solère, conseiller politique d’Emmanuel Macron

Ancien porte-parole du candidat LR (Les Républicains) François Fillon pour la présidentielle de 2017, Thierry Solère avait organisé la primaire de la droite et du centre. Proche d’Edouard Philippe, il avait décidé de quitter LR pour rejoindre le parti présidentiel en 2018. 

En novembre 2020, et bien qu’aucun poste officiel n’ait été créé, Emmanuel Macron avait fait appel à lui en plus du député européen Stéphane Séjourné pour officier en tant que conseiller politique. Comme le rapporte le Journal du dimanche, les hommes disposeraient d'un bureau à la présidence mais tous deux exerceraient leur fonction bénévolement.