France

Pour Julien Bayou, seules deux forces politiques peuvent battre Emmanuel Macron en 2022

Le secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts estime qu'en 2022, Emmanuel Macron perdrait au second tour face à Marine Le Pen. Il assure que seuls la droite et les écologistes peuvent l'emporter face à la présidente du Rassemblement national.

Le candidat d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) pour les régionales de 2021 en Ile-de-France, Julien Bayou, a livré ses premières estimations pour la présidentielle de 2022 lors d'un entretien pour Le Point, paru le 27 février. Ainsi, il prévoit que, cette fois-ci, l'actuel président de la République Emmanuel Macron ne sera pas en mesure de battre la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, si tous deux arrivent au second tour. 

«On savait qu'Emmanuel Macron serait décevant, mais il arrive tout de même à vous décevoir plus encore», dit-il notamment. En l'occurrence, pour le secrétaire national d'EELV, deux camps peuvent gagner face à Marine Le Pen : la droite et les écologistes. Citant en exemple le débat sur «l'islamo-gauchisme» qui, pour lui, «n'est rien d'autre qu'une insulte comme le judéo-bolchévisme d'avant», le fait que la ministre Frédérique Vidal veuille, selon lui, «remettre en cause la liberté académique» ou encore le duel sur France 2 entre Marine Le Pen et Gérald Darmanin, Julien Bayou considère que «la réalité, c'est qu'Emmanuel Macron est celui par qui le RN peut arriver demain au pouvoir».

Alors même que la primaire n'a pas encore eu lieu pour le parti écologiste, Julien Bayou a tracé les premières lignes du futur programme d'EELV pour 2022, en définissant lui-même «le portrait-robot du candidat qui portera un projet commun» : «Je sais que le ou la candidat(e) sera pro-européen(ne), critique de l'Europe aussi, pour l'accueil des réfugiés, pour les critères d'aides économiques, pour la lutte contre les discriminations sociales, pour l'égalité femmes-hommes, pour la transition du nucléaire vers les énergies renouvelables.»

Régionales 2022 : vers une désunion de la gauche ?

Si la candidature de la socialiste Audrey Pulvar peut faire de l'ombre à la sienne en vue des prochaines régionales prévues au mois de juin, Julien Bayou en a profité pour tacler l'ancienne journaliste. «Je ne connais pas le projet d'Audrey Pulvar. En tout cas, le mien, ce n'est pas "Paris en grand"», cingle-t-il en poursuivant son attaque : «Je ne connais pas non plus sa position sur l'artificialisation des terres agricoles de Gonesse [...] On sait qu'elle a pris position en faveur de la construction de la gare au sein d'Ile-de-France Mobilités [...] Construire une gare, bétonner des terres agricoles, c'est la position historique du Parti socialiste. On aurait pu imaginer un autre discours de défense des terres agricoles.»

D'autre part, il cible la proposition phare d'Audrey Pulvar, à savoir la gratuité des transports publics : «On [les écologistes] ne défend pas la gratuité des transports, mais la tarification sociale. La gratuité totale, ça n'existe pas [...] Qui paie cette gratuité ? La région n'a malheureusement pas le pouvoir de lever l'impôt, donc le financement par une taxation comme elle le propose n'est pas d'actualité [...] Avant de faire la gratuité et plutôt que de faire le Paris-Charles-de-Gaulle Express, il faut moderniser les lignes.»

Si d'aucuns pensent qu'une alliance avec les socialistes est inévitable pour les prochaines échéances électorales, nul doute que Julien Bayou douchera quelques espoirs parmi les tenants de l'union de la gauche.