France

Le chef Philippe Etchebest dénonce un «confinotage» et s'alarme pour les restaurateurs

Fermés depuis fin octobre, les restaurants sont parmi les premiers à souffrir des restrictions sanitaires. Le chef de cuisine Philippe Etchebest dénonce un «confinotage» inefficace alors que l'exécutif travaille sur la création d'un «pass sanitaire».

En France, depuis fin octobre, et bien qu’il soit possible d’effectuer des commandes à emporter auprès de certains établissements, les restaurants comme les lieux culturels sont fermés à cause des restrictions dues à la crise du coronavirus. Le 18 février, 65 sénateurs, en majorité du centre et de droite, avaient demandé à Emmanuel Macron la «réouverture des restaurants sur le temps de midi en appliquant des mesures sanitaires adéquates» et «la vente à emporter après 18h pour les personnes munies d’une attestation» mais l’appel des sénateurs est resté lettre morte. La situation des restaurants préoccupe toute la profession, à commencer par le célèbre chef de cuisine et animateur de télévision, Philippe Etchebest, qui s’inquiète fortement des conséquences désastreuses des fermetures pour le secteur de la restauration.  

Dans un entretien accordé à CNews, le chef de cuisine a pointé du doigt la gestion de l'épidémie par le gouvernement en déclarant «qu’on n’était pas bons avant, et aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on est très mauvais». Il évoque des «demi-mesures» qui ne sont «pas efficaces» considérant que la France en est au stage du «confinotage». Le chef de cuisine rejette l’idée d’un confinement local à Paris, et précise que si un nouveau confinement national devait être décrété, il faudrait en profiter pour «vacciner en masse». «On a bien compris que [la vaccination] c’était la condition pour pouvoir espérer revivre normalement. Mais en attendant tout ça, comme il ne se passe pas grand-chose, la restauration, le tourisme, la culture souffrent de tout ça, on est en train de s’enliser et on ne va pas en ressortir. Plus ça traîne, plus la pente va être dure à remonter», a-t-il regretté.

Le gouvernement va travailler sur un «pass sanitaire»

Dans son point épidémiologique du 25 février, Santé publique France rappelle que la situation est préoccupante en raison «d’une hausse du nombre de nouveaux cas». A ce jour, 3,97 millions de doses ont été administrées. 2 656 447 citoyens français ont reçu la première dose et 1 318 292 sont totalement vaccinés.

En vue de la réouverture des lieux culturels et des restaurants, le 25 février, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a annoncé la tenue d’une réunion de travail avec les membres du gouvernement pour évoquer la création d’un «pass sanitaire» en France. La mise en œuvre d’un tel instrument « va poser beaucoup de questions techniques, de respect des données individuelles, d’organisation de nos libertés » et, pour cela, « il faut [la] préparer dès maintenant techniquement, politiquement, juridiquement », a expliqué le président au cours d’une conférence de presse à l’issue de la première journée d’une visioconférence entre les 27 dirigeants de l’Union européenne.