France

Génération identitaire mène une opération anti-migrants dans les Pyrénées

Le mouvement Génération identitaire a lancé une opération anti-migrants dans les Pyrénées en s'appuyant sur une décision récente du préfet de Haute-Garonne de fermer le col du Portillon. Une trentaine de militants ont participé à l'action.

Le mouvement Génération identitaire (GI) a lancé le 19 janvier une nouvelle opération «Defend Europe» visant à surveiller la frontière franco-espagnole. Le quotidien régional Sud Ouest fait état d'une trentaine de militants patrouillant dans trois pickups «aux alentours du col du Portillon près de Bagnères-de-Luchon en Haute-Garonne», pour tenter de repérer d'éventuels migrants illégaux dans le secteur et les signaler aux forces de l'ordre. 

«Nous nous sommes rendus à ce point de passage pour exiger la fermeture totale de la frontière et épauler les forces de l’ordre», a déclaré à Marianne Thaïs d’Escufon, porte-parole du mouvement. 

Dans un communiqué relayé sur l'application Telegram et traduit dans plusieurs langues, l'organisation a déclaré agir dans la continuité de la décision de la préfecture de Haute-Garonne de fermer temporairement le col du Portillon, à partir du 6 janvier dernier.

Selon le communiqué, le préfet Etienne Guyot avait justifié la décision par une menace terroriste «élevée» et «des mouvements de migrants qui restent soutenus». Un article de La Dépêche du Midi du 7 janvier expliquait en effet que des opérations de filtrage étaient effectuées par les forces de l'ordre sur la route de ce col, dans le cadre du «contrôle aux frontières et la lutte contre le terrorisme». 

Une traque aux migrants dans les montagnes

«Face à cette recrudescence de la menace islamiste et d'entrées massives de clandestins, Génération identitaire se mobilise», explique l'organisation. Le but de l'opération, menée sous le label Defend Europe, est de surveiller «les zones d’infiltration possible près de l’Espagne».

En cas de migrants repérés, Génération identitaire a promis de contacter «aussitôt les forces de police et de gendarmerie afin que les migrants clandestins soient interpellés et expulsés».

Thaïs d’Escufon a indiqué dans l'après-midi sur Telegram se trouver «actuellement au col du Portillon aux côtés de [ses] camarades identitaires pour sécuriser nos frontières».

«Génération identitaire se comporte en "garde-frontière". Leur dissolution est impérative et urgente. L’ordre républicain doit être assuré par la force publique, pas par des milices d’extrême droite», s'est indignée la Licra sur son compte Twitter. 

Le groupe avait déjà lancé une opération similaire dans les Alpes à la frontière franco-italienne en 2018. Condamné une première fois, le mouvement a été relaxé le 16 décembre par la cour d'appel de Grenoble. Il leur était reproché d'avoir «exercé une activité dans des conditions créant la confusion avec une fonction publique».