France

Covid-19, Brexit : pour les pêcheurs normands, l'avenir est «bien incertain»

Les pêcheurs normands sont aujourd'hui dans une situation incertaine, quant à leur avenir économique, en raison de la crise sanitaire, provoquant la fermeture des restaurants et donc une lourde chute du prix du poisson. Sans oublier le Brexit...

Filets de pêche et casiers soigneusement rangés sur le pont du bateau alors qu'ils auraient dû être immergés : c'est bien une réalité aujourd'hui, en cette fin 2020, pour les pêcheurs normands dont l'avenir reste malheureusement incertain pour cause de crise sanitaire, de confinement, de fermeture actuelle des restaurants et de possible interdiction des eaux britanniques en raison du Brexit.

La crise du Covid-19 a fait lourdement chuter le prix du poisson, comme l'explique au micro de RT France Eddy, pêcheur depuis vingt ans, qui a choisi, face au confinement de rester à quai.  «Au prix du poisson, c'est pas rentable d'aller travailler», confie-t-il, dépité. 

«Au premier confinement, on a perdu entre 40 et 50% de la valeur du poisson. Au deuxième confinement, il y a certaines espèces [de poissons] qui se maintiennent parce qu'il n'y en a pas énormément de pêchés. Mais, en ce qui concerne les espèces les plus pêchées, on peut perdre jusqu'à 60 ou 70% du prix», ajoute Eddy.

«Tous les beaux poissons, du fait que les restaurants sont fermés, sont quand même achetés par les mareyeurs, mais à très bas prix», explique-t-il ensuite.  

Le prix du poisson a chuté de manière vertigineuse depuis l'année dernière. En 2019, le kilo de bar se vendait 15 euros, mais en 2020, son prix est de seulement 5 euros. Jean-Marie pêche depuis vingt ans à Fécamp (Seine-Maritime) et tente aujourd'hui de garder un semblant d'activité. Pour lui, l'avenir semble «bien incertain».

«Le gouvernement nous promet monts et merveilles»

«Je ne sais pas trop si on va repartir [pêcher] ou pas. C'est pas facile pour nous. Le gouvernement nous promet monts et merveilles, ce qui n'est pas le cas», dénonce Jean-Marie. 

Il estime que «les aides du gouvernement sont insuffisantes face aux difficultés rencontrées» et considère que «si vous n'avez pas de fermeture administrative, vous n'avez pas grand-chose».

L'homme explique que les pêcheurs sont «pourtant soumis à l'impact du Covid-19» et qu'en plus des fermetures de restaurants, ils subissent aussi les mauvais chiffres des cours du poisson. 

Aux conséquences de la crise sanitaire, vient s'ajouter la question du Brexit. Les professionnels du secteur sont formels et estiment que la pêche française ne s'en remettra pas, si l'interdiction de travailler dans les eaux britanniques est mise en vigueur. 

En effet, les bateaux de pêche français, comme ceux de la Belgique et des Pays-Bas pourraient alors tous se rabattre sur les eaux hexagonales. L'issue serait donc dramatique pour des ressources maritimes déjà menacées par la pêche intensive.