France

Angers : pourquoi le violeur étranger d'une étudiante ne peut pas être expulsé

Une jeune femme séquestrée pendant trois heures est violée à Angers en rentrant chez elle. Le suspect étranger est interpellé le lendemain, il est déferré et les autorités se rendent compte qu'il est expulsable, mais aucun pays ne le reconnaît.

Le 31 août, à Angers (Maine-et-Loire), une étudiante de 20 ans a été violée en rentrant chez elle de son premier jour de cours par un homme qui s'était introduit dans son domicile, selon les informations de Ouest France : «Là, durant trois heures, la jeune femme va subir de nombreuses violences sexuelles et un viol. Elle va aussi subir des menaces, va être violemment projetée au sol, étranglée et ses vêtements seront arrachés par son agresseur. Celui-ci va aussi la séquestrer en l’empêchant de s’enfuir.»

Un suspect interpellé... sans nationalité

Le calvaire prend fin vers 22h30, selon cette même source et la victime se rend dans un commissariat afin de porter plainte, décrivant de façon précise l'agresseur sexuel, notamment un tatouage qu'il porte... Ce qui permet de l'interpeller le lendemain : le dénommé Erjan I., 32 ans, est identifié par une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC) d'Angers et interpellé.

Il a déjà été condamné au moins six fois en deux ans, selon le quotidien régional, pour plusieurs faits de violences sexuelles, notamment sur une femme handicapée au sein même du centre hospitalier universitaire d'Angers... Le suspect est d'ailleurs inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

Il est donc mis en examen et déferré... mais une mauvaise surprise a lieu : alors qu'il est déjà frappé de deux interdictions de territoire en France (prononcées en 2018 et 2019), selon Le Figaro, ni la Serbie, ni le Kosovo, ni la Macédoine n'ont souhaité reconnaître l'individu et il n'a donc pas été expulsé, même après avoir effectué de courtes peines de prison.

La préfecture du Maine-et-Loire, citée par Le Figaro a fait savoir : «Erjan I., démuni de document officiel, s'est déclaré de nationalité kosovare mais le Kosovo ne l'a pas reconnu comme l'un de ses ressortissants. La Serbie et la Macédoine ont également été saisies et ont répondu négativement. En l'absence de pays acceptant de l'accueillir, il n'a pas été possible de mettre à exécution la décision judiciaire.» Selon Ouest-France, le suspect est né en 1987 dans ce qui était alors la Yougoslavie... d'où le casse-tête des autorités.